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Sénégal : Tensions politiques préélectorales

Sabah Sabet avec agences, Mardi, 13 juin 2017

Le Sénégal se prépare aux élections législatives de juillet prochain dans un climat politique tendu, marqué par de profondes divisions au sein de l'opposition, au grand bonheur du parti au pouvoir.

Malgré les tentatives de mettre en place une grande union parmi les différents courants politiques pour essayer d’inverser les rapports de force au sein de l’Assemblée natio­nale avant la présidentielle de 2019, l’opposi­tion sénégalaise apparaît aujourd’hui divisée à quelques semaines des élections législatives prévues le 30 juillet. Jusqu’à présent, les cadres du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), parti opposant de l’ex-président Abdoulaye Wade, et les partisans de Khalifa Sall, maire de Dakar, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la personnalité devant conduire leur liste nationale commune aux législatives. Alors que la clôture des candida­tures a eu lieu le 30 mai, les responsables du PDS avaient annoncé, la veille, qu’ils feraient cavalier seul en menant leur propre liste avec quelques alliés, parmi lesquels figurent Mamadou Diop Decroix (And-Jëf/PADS), Mamadou Lamine Diallo (Tekki), ou encore Pape Diop (Bokk Gis Gis). « Nous aurions évi­demment été plus forts ensemble. Mais vous pouvez être moins forts et toujours victorieux », glisse un baron du PDS, qui reste optimiste sur les chances de victoire de son parti face au pré­sident Macky Sall et à sa coalition Benno Bokk Yakaar. Dans un communiqué transmis aux médias, le premier parti d’opposition indique avoir formé une nouvelle coalition, baptisée « Coalition gagnante Wattu Sénégal ». Celle-ci sera conduite par Abdoulaye Wade, qui fêtait le 29 mai ses 91 ans.

D’après ses proches, l’infatigable ex-prési­dent, actuellement en France, devrait bientôt rentrer au Sénégal pour participer à la cam­pagne électorale. En face, les soutiens de Khalifa Sall, maire de Dakar, incarcéré début mars pour une présumée affaire de détourne­ment de deniers publics dans sa municipalité, ont, eux aussi, mené leur propre liste aux légis­latives. Ils comptaient sur le soutien de Malick Gakou (Grand parti) et d’Idrissa Seck (Rewmi) et comptent faire de Khalifa leur tête de liste nationale. Quant à la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), elle a l’ambition de confirmer sa confortable majorité à l’As­semblée nationale lors de ces législatives, pour créer une dynamique en vue de la prochaine élection présidentielle, en 2019, à laquelle Macky Sall sera très probablement candidat. Mise sur pied en 2012, la coalition BBY est principalement composée de l’Alliance Pour la République (APR), le parti du chef de l’Etat, du Parti Socialiste (PS) d’Ousmane Tanor Dieng, ou encore de l’Alliance des Forces du Progrès (AFP) de Moustapha Niasse, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Sa tête de liste nationale n’a pas encore été désignée, mais beaucoup de cadres de la majorité mili­tent pour que ce rôle soit confié au premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

En outre, Macky Sall veut visiblement un grand renouveau. Les candidatures de la majo­rité des députés actuellement en poste n’ont pas été validées, ce qui provoquera sans doute de vives tensions. Ainsi, si le rejet de la poli­tique du président Macky Sall était un objectif commun de l’ensemble de l’opposition, avec cette rupture au sein de cette opposition, Macky Sall sera le grand gagnant .

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