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Les journalistes africains défendent leur Afrique

Taimour Hubert, Jeudi, 28 juillet 2016

L’African Editors’ Forum (TAEF) a appelé les journalistes du continent à raconter l’Afrique par eux-mêmes, et à ne plus compter sur les médias internationaux.

Les membres de différents médias à travers le continent réunis sous l’égide de l’African Editors’ Forum (TAEF, un organisme créé en 2003 et composé de plus de 200 journalistes africains de radio, télé et presse), en marge du 27e sommet de l’Union Africaine (UA) qui s’est tenu à Kigali à la mi-juillet, ont discuté des solutions à un certain nombre de défis qui touchent la diffusion de l’information afin de propulser le continent vers une croissance inclusive, avec pour horizon l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Un des plus grands défis mis en évidence lors de cette rencontre a été la propagande négative diffusée dans certains médias internationaux sur l’Afrique, « alors que malheureusement, cette narration négative par les médias internationaux sur l’Afrique est parfois achetée par des médias africains », selon de nombreux journalistes présents.

« L’une des stratégies que nous avons est de travailler davantage avec l’UA afin de voir nos résolutions mises en oeuvre au niveau continental. Nous espérons que par l’intermédiaire de ce sommet à Kigali, notre message aux médias africains sera fort et clair. Nous devons avoir la main sur notre information continentale et ne pas laisser l’image de l’Afrique être faussée par les médias occidentaux », a déclaré Emrakeb Asefa, secrétaire générale du TAEF. Elle a en outre déclaré qu’un certain nombre de propositions spécifiques sur des programmes de leadership des médias sont à l’horizon, et par lesquels les journalistes africains pourront être formés à la couverture de diverses questions à travers le continent, afin de produire une information africaine digne d’intérêt, mais qui aura toutefois besoin de financement durable.

Elle a également appelé les professionnels des médias à se concentrer sur la production d’informations analytiques qui sont essentielles pour trouver des solutions à certaines questions pressantes comme les conflits armés, ou les droits des femmes.

Le rédacteur en chef de The New Times, un quotidien rwandais, a ajouté que les professionnels des médias, les dirigeants et les décideurs doivent maintenir le dialogue et traiter les sujets pertinents rencontrés par les médias africains.

« Les propriétaires de médias, les journalistes, les décideurs, les militants pour la démocratie, ainsi que les citoyens devraient tous être impliqués dans le processus de création des synergies et des solutions nécessaires pour faire face aux défis du continent. En tant que quatrième pouvoir, nous avons un grand rôle à jouer pour décrire le côté positif de l’Afrique qui est souvent ignoré », a-t-il dit.

Kennedy Ndahiro, président du TAEF Rwanda, a noté que les médias africains ont la prérogative de faire pression pour la pleine réalisation de « l’Afrique que nous voulons, et non l’Afrique qu’ils veulent », en référence à la couverture africaine produite par les médias occidentaux entre autres.

« Nous ne pouvons pas laisser les autres parler en notre nom, décennie après décennie. Les médias africains ont les moyens d’avoir la main sur les grands titres et de montrer ce qui se passe réellement en Afrique. Nous ne pouvons pas attendre que les médias internationaux, qui ne comprennent parfois même pas le contexte africain, nous montrent la voie », a-t-il soutenu.

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