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Assad doit faire partie de la solution ?

Mardi, 17 février 2015

Après quatre ans de conflit, la communauté internationale est maintenant persuadée que l’is­sue de la crise syrienne demeure dans les mains du président Bachar Al-Assad. Ce dernier, qui s’attache bec et ongles au pouvoir, lui aussi a été convaincu de tenir des négociations directes avec l’op­position. Mais celle-ci rejette l’idée. « L’opposition a beaucoup perdu au cours de cette guerre. C’est difficile d’accepter une telle solution maintenant. L’opposition va décevoir les Syriens, si elle accepte la solution de l’émissaire de l’Onu », explique Moetaz Salama, analyste au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram au Caire. Et même l’Onu, pour la première fois, a explicite­ment souligné que le président Bachar Al-Assad faisait partie de la solution en Syrie. Selon le médiateur de l’Onu, Staffan De Mistura, en Syrie depuis ce lundi, il y a des négociations directes avec le président syrien pour le partage du pou­voir avec l’opposition. De Mistura doit présenter, le 17 février, au Conseil de sécurité un rapport pour tenter de mettre fin à la guerre civile qui a fait 220 000 morts, 1 million de blessés et 4 millions d’exi­lés. Il a réitéré sa conviction que la seule solution était une solution politique, et que faute d’accord, le seul à profiter de la situation est l’EI, qui est comme un monstre qui attend que le conflit se poursuive pour prendre avantage de la situa­tion. En plus, De Mistura a relevé que « dans le combat contre l’EI, il peut être nécessaire de lutter du même côté que Damas, même si Assad n’est ni ami, ni même partenaire ». En revanche, l’opposition syrienne a immédiatement fustigé cette déclaration. « Bachar Al-Assad est le problème, pas la solution », a déclaré à l’AFP Samir Nashar, membre de la Coalition natio­nale syrienne. Nashar a égale­ment rejeté l’allégation de l’en­voyé spécial de l’Onu, pour qui ne pas inclure le président syrien dans le processus de paix profiterait aux djihadistes de l’EI. « Si Assad voulait vrai­ment combattre Daech, il enver­rait ses troupes à Raqqa (bastion des djihadistes), plutôt qu’à Douma », a-t-il ajouté. Troisième émissaire de l’Onu pour la Syrie après Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, De Mistura s’était concentré jusque-là sur l’instauration d’un gel des com­bats, notamment avec la métro­pole d’Alep (nord) comme modèle. Selon un sondage publié, une majorité des habi­tants des quartiers rebelles d’Alep sont favorables au gel des combats proposé par M. De Mistura, mais doutent de son application .

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