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Ukraine  : Le regard vers l’Ouest

Maha Al-Cherbini avec agences, Lundi, 23 juin 2014

Kiev annonce, en même temps, la mise en place d'un plan de paix avec l'Est séparatiste et la signature prochaine du dernier volet de l'accord d'association avec l'UE.

L’Ukraine continue son rapprochement vers l’Europe au grand dam de Moscou. Le nouveau président pro-occidental ukrainien, Petro Porochenko, a annoncé qu’il signera, le 27 juin, le dernier volet d’un accord d’association historique avec l’Union européenne l’éloignant du giron russe. Selon les experts, cet accord réduit à néant ses espoirs d’attirer l’Ukraine dans l’Union économique eurasiatique, que la Russie a commencé à instaurer avec d’anciennes républiques soviétiques. L’Ukraine devait —comme la Géorgie et la Moldavie— signer cet accord en novembre, mais le président ukrainien de l’époque, Viktor Ianoukovitch, avait fait volte-face sous la pression de Moscou, déclenchant la crise qui a conduit à sa chute et au rattachement de la Crimée à la Russie en mars. De toute façon, la signature de cet accord serait un « coup dur » adressé à Moscou qui lutte contre l’existence d’une Ukraine pro-europénne.

Dans le même temps, soufflant le chaud et le froid, le président ukrainien a dévoilé cette semaine un plan de paix stipulant une décentralisation du pouvoir, un désarmement des insurgés de l’Est séparatiste et un cessez-le-feu unilatéral d’une semaine pour permettre aux rebelles pro-russes de déposer les armes. « Le cessez-le-feu durera jusqu’au 27 juin », a proclamé M. Porochenko. « C’est plus que suffisant pour lancer le processus de désarmement, commencer à mettre en place une zone tampon le long de la frontière entre la Russie et l’Ukraine », a-t-il ajouté.

Bien que saluée par l’Occident, cette initiative a été rejetée par Moscou et par les séparatistes : Soutenant les insurgés, le Kremlin a rejeté ce plan de paix, y voyant un ultimatum adressé aux rebelles pour qu’ils déposent leurs armes. « Ce plan de paix ne doit pas prendre le caractère d’ultimatum. Il sera irréaliste sans dialogue », a affirmé le président russe Vladimir Poutine. Répondant vite à l’appel de Poutine, le président ukrainien a exposé dimanche un nouveau plan de paix incluant un dialogue avec les rebelles.

Pas de prémices de dialogue

Or, pour l’instant, pas de prémices de dialogue ne se profilent à l’horizon. Sur le terrain, les combats se poursuivent de plus belle : les séparatistes ont poursuivi leurs attaques dans l’Est, entraînant la riposte des autorités gouvernementales. Affichant son soutien aux insurgés, Moscou a procédé cette semaine à un « nouveau renforcement » de sa présence militaire à la frontière ukrainienne. Une façon de montrer les dents à l’Occident. « Plusieurs milliers de soldats russes sont déployés à la frontière de l’Ukraine et nous constatons des manoeuvres militaires dans le voisinage de l’Ukraine », a regretté le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Face à cette obstination russe, le président américain Barack Obama et son homologue français François Hollande ont brandi la menace de « nouvelles mesures contre la Russie ». Les Etats-Unis ont même averti qu’ils n’accepteraient ni la présence ni l’intervention de troupes russes dans l’est de l’Ukraine pour appuyer les séparatistes, a mis en garde Washington, annonçant de nouvelles sanctions contre sept responsables séparatistes en Ukraine, accusés de « menacer la paix, la sécurité et la stabilité » du pays. Au sein de ce bras de fer qui se durcit entre les superpuissances, la division semble le destin inéluctable qui attend l’Ukraine.

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