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OIF : vers un rôle plus politique

Abir Taleb avec agences, Lundi, 17 mars 2014

La langue française et les valeurs de solidarité et de dialogue seront célébrées partout dans le monde, ce 20 mars, lors de la Journée internationale de la Francophonie. L’occasion de revenir sur le volet politique de la Francophonie.

OIF : vers un rôle plus politique

C’est depuis seulement dix ans que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a commencé à intervenir dans le domaine de la paix. En effet, c’est en 2004 que l’ancien secré­taire général des Nations-Unies, Kofi Annan, a sollicité le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, pour qu’il incite les Etats francophones à prendre part à la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

La Francophonie a ainsi acquis une nouvelle dimension politique, pleinement reconnue par ses Etats membres et ses partenaires internatio­naux. L’OIF s’engage davantage pour le respect des droits de l’homme, l’enracinement de la démocratie et la consolidation de la paix, à tra­vers l’alerte précoce, la prévention des conflits, l’appui aux processus de sortie de crise et de transition. Ces actions nécessitent l’implication des gouvernements, des Parlements, des appa­reils judiciaires, des organisations profession­nelles, des associations de la société civile et des médias.

L’OIF ne déploie pas d’opérations de paix directes mais appuie les Etats et les gouverne­ments membres et observateurs pour renforcer leur participation à ces opérations. Cette contri­bution indirecte aux opérations de paix s’inscrit dans le cadre du champ d’action de la Francophonie défini par la Charte de Hanoi (1997), qui a invité les Etats francophones à se saisir des questions relatives à l’instauration, au maintien et au renforcement de la paix et de la sécurité internationales. La Déclaration de Bamako (2000) a par la suite défini la promo­tion de la paix, de la démocratie et de l’Etat de droit comme des champs d’intervention priori­taires pour la Francophonie, tandis que la Déclaration de Saint Boniface (2006) sur la prévention des conflits et la sécurité humaine a décliné, plus précisément, la nature et les volets de la participation collective des francophones et de la Francophonie dans ces domaines.

Pour être plus efficace, Abdou Diouf a récem­ment lancé le Réseau d’Expertise et de Formation Francophone pour les Opérations de Paix (REFFOP), en présence d’Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations-Unies aux opérations de maintien de la paix. Ce réseau s’inscrit dans la stratégie de l’OIF visant depuis une dizaine d’années à renforcer l’usage de la langue française dans les opérations de paix et la participation des personnels militaires, policiers et civils francophones dans ces opérations. Les principaux objectifs du REFFOP sont de pro­duire une information en français sur l’offre francophone en matière de soutien aux opéra­tions de paix, de mettre les ressources de forma­tion francophone en adéquation avec les stan­dards onusiens et de favoriser la mobilisation de l’expertise civile francophone dans le cadre des opérations multidimensionnelles.

Concrètement parlant, l’une des actions actuelles de l’OIF a lieu en Guinée-Bissau, où les experts de l’OIF vont aider la commission nationale électorale pour l’organisation des élections. Selon Christophe Guilhou, directeur de la Paix, de la démocratie et des droits de l’homme à l’OIF, interrogé par RFI, « le deu­xième volet consistera à aider la Cour suprême dans tout ce qui est anticipation des éventuels recours post-électoraux ». « C’est souvent le point le plus conflictuel au moment du décompte des suffrages », dit-il.

Autre champ d’action, la Centrafrique. Avant de se rendre à Bangui, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Organisation internatio­nale de la Francophonie en Centrafrique, Louis Michel, a fait une escale à Brazzaville, la semaine dernière, (le président du Congo étant médiateur du conflit centrafricain depuis son déclenchement en mars 2013). Au cours de sa rencontre avec le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, ce dernier a appelé l’OIF à interpeller la communauté internationale pour qu’elle vienne aider financièrement et en troupes la Centrafrique. Le président congolais était d’accord avec l’envoyé spécial de l’OIF sur la nécessité de l’urgence d’une aide de la commu­nauté internationale à la Centrafrique afin que cet Etat fortement touché par l’instabilité poli­tico-institutionnelle depuis mars 2013 assure son fonctionnement .

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