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Haut-Karabakh : L’épilogue ?

Ines Eissa , Vendredi, 29 septembre 2023

Profitant des conséquences de la guerre en Ukraine, l’Azerbaïdjan a repris le contrôle du Haut-Karabakh. Des discussions sont en cours sur l’avenir de l’enclave.

Haut-Karabakh : L’épilogue ?

Au terme d’une offensive éclair menée la semaine dernière, l’Azerbaïdjan a remporté une victoire spectaculaire au Haut-Karabakh, une enclave séparatiste majoritairement peuplée d’Arméniens. Aussitôt après, les indépendantistes du Haut-Karabakh ont entamé, samedi 23 septembre, des discussions avec Bakou pour le retrait de leurs troupes, alors que le dépôt des armes doit également se poursuivre. Et le Conseil de sécurité arménien a annoncé qu’une réunion entre le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, se tiendra le 5 octobre à Grenade, dans le Sud de l’Espagne, avec la participation du président français, Emmanuel Macron, du chancelier allemand, Olaf Scholz, et le président du Conseil européen, Charles Michel.

Les séparatistes avaient dû signer, mercredi 20 septembre, leur reddition après la victoire rapide de l’Azerbaïdjan. De leur côté, les forces azerbaïdjanaises continuent leur déploiement dans le territoire, jusqu’aux portes de la capitale, Stepanakert.

Dans ce contexte, la situation au Haut-Karabakh s’est invitée aux débats de l’Assemblée générale des Nations-Unies. « La communauté internationale devrait faire tous les efforts pour le déploiement immédiat d’une mission inter-agences de l’Onu au Haut-Karabakh dans le but de surveiller et d’évaluer les droits humains et la situation humanitaire et sécuritaire sur le terrain », a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, à la tribune de l’Assemblée générale. « L’Azerbaïdjan est déterminé à réintégrer les habitants arméniens de la région du Karabakh d’Azerbaïdjan comme des citoyens égaux », a assuré à la même tribune son homologue azerbaïdjanais, Djeyhoun Baïramov.

Quant au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, il a accusé certaines puissances occidentales d’avoir « tiré les ficelles » pour saper l’influence russe dans la région.

En fait, le contexte international a favorisé la victoire de Bakou. Les séparatistes ont été lâchés par l’Arménie. Laquelle a été lâchée par Moscou qui, selon les analystes, en raison de la guerre en Ukraine, préfère garder de bonnes relations avec la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan, qu’avec l’Arménie.

Désormais, Bakou vise davantage. L’objectif affiché reste toujours d’obtenir le contrôle total sur le territoire, ce qui inquiète la communauté internationale quant au sort pouvant être réservé aux Arméniens, nombreux au sein de la région. Au moment où des milliers d’Arméniens ont quitté la région en direction de l’Arménie. Un premier convoi d’aide internationale est entré samedi au Haut-Karabakh, où l’armée azerbaïdjanaise a montré à la presse, sur les hauteurs de la capitale Stepanakert, des centaines d’armes saisies aux séparatistes. L’Azerbaïdjan a, de son côté, annoncé samedi procéder avec la Russie à une « démilitarisation » des forces arméniennes. « Le changement des données stratégiques au Caucase dû à la guerre en Ukraine a ouvert la voie à l’Azerbaïdjan de compléter la guerre des 40 jours qui avait abouti en 2020 à la libération de ses territoires occupés par l’Arménie depuis l’effondrement de l’Union soviétique », explique un diplomate qui a requis l’anonymat. « Une victoire pourtant incomplète, puisque les territoires à majorité arménienne ne furent pas libérés », ajoute le diplomate.

Le Haut-Karabakh est une enclave montagneuse qui avait été rattachée en 1921 par le pouvoir soviétique au territoire azerbaïdjanais, et avait été, par le passé, le théâtre de deux guerres entre les anciennes républiques soviétiques que sont l’Azerbaïdjan et l’Arménie : l’une de 1988 à 1994 (30 000 morts) et l’autre à l’automne 2020 (6 500 morts.).

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