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En Ukraine, un embarrass occidental

Abir Taleb , (avec Agences) , Jeudi, 26 janvier 2023

Malgré leur soutien indéfectible à l’Ukraine, les Européens hésitent à lui fournir des chars lourds et des armes capables d’atteindre le territoire russe.

En Ukraine, un embarrass occidental

Jusqu’où iront les aides militaires occidentales à l’Ukraine ? Telle est la question que l’on se pose aujourd’hui. Une question qui en implique une autre : jusqu’où ira la guerre ? Car si Kiev et ses alliés occidentaux espèrent que la livraison de nouvelles armes à l’Ukraine changera l’issue de la guerre, ces livraisons peuvent aussi prolonger le conflit, le compliquer, l’envenimer.

Vendredi 20 janvier, lors d’une réunion d’une cinquantaine de pays sur la base américaine de Ramstein en Allemagne, les alliés de l’Ukraine ont annoncé de nouvelles livraisons d’armes substantielles à l’Ukraine. Mais des différends persistent : ils ne sont pas parvenus à s’entendre sur la livraison de chars lourds, malgré les demandes répétées de l’Ukraine. L’Allemagne se montre réticente quant à la livraison de chars Leopard à Kiev. La Pologne fustige ce refus « inacceptable ».

Le ton est crispé. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, affirme n’avoir reçu aucune demande officielle de la Pologne, tout en disant qu’elle ne s’y opposerait pas si une demande était faite. Alors que le premier ministre polonais dit attendre « une déclaration claire » de Berlin autorisant l’envoi des Leopard, dont elle est productrice, par des pays qui en disposent. Les pays baltes s’en mêlent à leur tour, exhortant Berlin à « fournir dès maintenant ces chars » et invoquant « la responsabilité particulière » de l’Allemagne, « première puissance européenne ».

La pression est forte sur Berlin. La brouille s’installe parmi les Européens, et le couple franco-allemand s’efforce d’en limiter la teneur. « Nous continuerons de fournir à l’Ukraine, aussi longtemps que nécessaire, tout le soutien dont elle aura besoin », a déclaré le chancelier allemand, Olaf Scholz, lors d’une cérémonie à la Sorbonne dimanche 22 janvier à l’occasion du 60e anniversaire du traité de réconciliation entre l’Allemagne et la France. Lui succédant à la tribune, le président français, Emmanuel Macron, a réaffirmé le « soutien indéfectible » des deux pays au peuple ukrainien « dans tous les domaines ». Scholz est toutefois resté évasif sur les Leopard : « La manière dont nous avons agi par le passé est toujours étroitement coordonnée avec nos amis et alliés et nous continuerons à agir en fonction de la situation concrète ». Macron, lui, a déclaré que rien n’était « exclu » concernant la livraison à Kiev d’autres types de chars de combat lourds, les Leclerc.

Quant aux Etats-Unis, soutien numéro un à l’Ukraine, ils temporisent. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a ainsi souligné qu’il y avait toujours « une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps » pour livrer les chars. L’Ukraine, elle, déplore « l’indécision générale » de ses alliés. Et la Russie s’en réjouit. L’armée russe, qui est passée à la vitesse supérieure, a revendiqué cette semaine plusieurs victoires. Ce qui a fait dire à Vladimir Poutine, dimanche, que son pays était dans une « dynamique positive » sur le front.

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