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L’AIEA à la rescousse de Zaporijia

Ines Eissa , (avec Agences) , Mercredi, 07 septembre 2022

L’arrivée de la délégation de l’AIEA à Zaporijia marque une phase importante dans la crise autour de la centrale nucléaire. L’organisation entend prendre les choses en main pour éviter une catastrophe nucléaire.

L’AIEA à la rescousse de Zaporijia

A la tête d’une mission d’inspection de 14 personnes dans la centrale nucléaire de Zaporijia, Rafael Grossi a fait un premier pas jeudi 1er septembre afin de désamorcer la crise autour de la centrale nucléaire. Le chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a annoncé son intention de rester sur place de façon permanente. Et les informations rassurantes arrivées de Zaporijia ont calmé les esprits. Dans l’expectative concernant l’état de la centrale nucléaire de Zaporijia, après de multiples bombardements à proximité, le monde a pu être rassuré par les propos du chef de l’AIEA. Lors de l’inspection, « nous avons pu rassembler beaucoup d’informations. J’ai vu les principales choses que j’avais besoin de voir », a déclaré Rafael Grossi à la presse russe. « Nous avons fait une première évaluation. Nous avons vu le travail dévoué du personnel et de l’encadrement. En dépit de circonstances très, très difficiles, ils continuent de travailler avec professionnalisme », a-t-il ajouté.

Cependant, deux jours plus tard, l’AIEA a affirmé que la centrale nucléaire occupée par les forces russes a « de nouveau perdu la connexion » au réseau électrique. La dernière ligne encore en fonctionnement « a été endommagée », a expliqué l’AIEA, rappelant que les trois autres avaient été « perdues précédemment pendant le conflit », dit un communiqué de l’AIEA publié samedi 3 septembre. Cet incident est survenu « après de nouveaux bombardements dans la zone », selon les informations fournies par les autorités ukrainiennes à l’instance onusienne. Le site continue cependant à fonctionner « grâce à une ligne de secours », précise l’AIEA.

La tension est donc toujours là. D’où la mission de l’AIEA, « qui a un rôle principal, selon sa charte, dans l’objectif de garantir la sécurité des établissements nucléaires des pays membres », explique un diplomate qui a requis l’anonymat. « Sa mission, dans ce contexte, est régie par un accord de sauvegarde signé par l’Ukraine, ce qui situe la visite des experts dans le cadre de coopération avec l’agence », ajoute le diplomate.

Ce qui explique que la délégation de l’AIEA va rester sur le site. « Nous avons accompli quelque chose de très important aujourd’hui. Et le plus important, c’est que l’AIEA reste ici. Faites savoir au monde que l’AIEA reste à Zaporijia », a lancé Rafael Grossi. Il n’a toutefois précisé ni combien de personnes resteraient, ni pour combien de temps. La semaine dernière, il avait annoncé son intention d’installer une présence permanente au sein de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, qui est au centre de toutes les inquiétudes depuis des semaines.

Selon l’agence de presse russe Interfax, 4 des 9 véhicules composant le convoi par lequel l’AIEA était arrivée jeudi après-midi à la centrale ont quitté les lieux en début de soirée.

Pour rappel, Russie et Ukraine s’accusent depuis des semaines de mettre en danger la sécurité de cet impressionnant complexe. Un des deux réacteurs en fonctionnement a été arrêté en raison de bombardements russes, a informé jeudi l’opérateur ukrainien des centrales atomiques Energoatom. Les autorités ukrainiennes ont également accusé Moscou d’effectuer des frappes d’artillerie sur Energodar, ville où se trouve la centrale de Zaporijia.

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