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Dates-clés depuis l’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani

AFP, Lundi, 24 février 2020

14 juin 2013 : Hassan Rohani, soutenu par le camp réformateur, remporte la présidentielle. Il succède à Mahmoud Ahmadinejad, dont les huit ans au pouvoir ont été marqués par de fortes tensions avec les pays occidentaux, notamment à propos du dossier nucléaire.

Septembre 2013 : Rohani promet, lors de l’Assemblée générale de l’Onu, de « fournir l’assurance » que le programme nucléaire de Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de la bombe atomique, est purement pacifique. Il brise deux tabous en condamnant « les crimes que les nazis ont commis envers les juifs », prenant le contre-pied de son prédécesseur qui avait nié l’Holocauste et en ayant un contact téléphonique avec son homologue américain Barack Obama, une première depuis la Révolution islamique de 1979.

14 juillet 2015 : Téhéran conclut avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et l’Allemagne un accord mettant fin à 12 ans de tensions autour du dossier nucléaire iranien. Conclu à Vienne, l’accord entre en vigueur début 2016 et prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l’arme atomique. Renforcé par l’accord qui lui permet de revenir sur le devant de la scène internationale, l’Iran chiite se pose en acteur incontournable dans le conflit en Syrie, appuie les Houthis au Yémen mais se défend de les armer comme l’en accusent Riyad et Washington.

Début 2016 : L’Arabie saoudite et ses alliés rompent ou réduisent leurs relations diplomatiques avec Téhéran. Ils accusent l’Iran d’attiser des conflits régionaux.

Février et avril 2016 : Les législatives permettent un rééquilibrage des forces entre conservateurs et réformateurs alliés aux modérés du président Rohani et d’écarter les conservateurs les plus durs.

Mai 2017 : Rohani est réélu pour quatre ans, avec le soutien des réformateurs et d’une grande partie de la jeunesse. Mais il est rapidement confronté au mécontentement populaire et aux attaques de ses adversaires politiques et de milieux religieux.

Fin 2017 : Des centaines de personnes manifestent, notamment à Machhad (nord-est), deuxième ville du pays, contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement. Les troubles touchent plusieurs dizaines de villes. Le mouvement fait au moins 25 morts, en majorité des manifestants, et entraîne des centaines d’arrestations.

8 mai 2018 : Le président Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire et le rétablissement des sanctions contre Téhéran ainsi que contre les entreprises ayant des liens avec la République islamique. En riposte aux sanctions, l’Iran, dont l’économie s’est enfoncée dans une violente récession, s’est affranchi depuis mai 2019 de plusieurs engagements-clés pris à Vienne.

Novembre 2019 : Des manifestations éclatent dans plusieurs villes iraniennes, quelques heures après l’annonce d’une forte hausse du prix de l’essence. La contestation touche une centaine de villes, dont Téhéran, Machhad et Ispahan (centre).

Début 2020 : Les vives tensions entre Téhéran et Washington atteignent un pic début 2020. Le 3 janvier, une frappe américaine tue à Bagdad le puissant général iranien Qassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient. Le 8, l’Iran tire des missiles sur deux bases de la coalition internationale abritant des soldats américains en Iraq. Dans ce contexte de tensions extrêmes entre la République islamique et les Etats-Unis, les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier— après trois jours de déni— avoir abattu par « erreur » trois jours plus tôt un avion de ligne ukrainien, peu après son décollage d’un aéroport de Téhéran (176 morts, dont une majorité d’Iraniens et de Canadiens, et de nombreux étudiants). Cette volte-face tardive a provoqué une vague d’indignation dans le pays, où des veillées à la mémoire des victimes, en majorité iraniennes, se sont muées en manifestations de colère .

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