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Chine-Etats-Unis : le début d’une nouvelle ère ?

Maha Al-Cherbini avec agences, Mardi, 11 juin 2013

Barack Obama et Xi Jinping ont tous deux assuré en Californie vouloir jeter les bases d'un « nouveau modèle » de relations.

Une nouvelle page de confiance entre les deux pays : le but affiché des pourparlers de deux jours en Californie, entre le président américain Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping, semble plus proche de l’idéal que de la réalité. Les sujets qui opposent les deux plus grandes superpuissances du monde sont en effet nombreux.

Mais à l’issue de leur réunion, les deux lea­ders, qui devraient cohabiter sur la scène inter­nationale jusqu’au début de 2017, ont promis de jeter les bases d’un « nouveau modèle » de relations entre la Chine et les Etats-Unis, concurrents économiques et géopolitiques acharnés mais étroits partenaires commer­ciaux.

« Cette relation est très importante non seu­lement pour la prospérité de nos deux pays, mais elle est aussi importante pour la région Asie-Pacifique, et donc pour le monde entier », ont noté les deux leaders.

Lors de la rencontre, Obama et Xi Jinping ont abordé plusieurs dossiers politiques brû­lants comme ceux de la Corée du Nord, les disputes territoriales avec les alliés de Washington, le redéploiement diplomatique et militaire américain en Asie-Pacifique, en plus des dossiers économiques comme les conten­tieux commerciaux et la cybersécurité.

Même s’ils n’ont pas apporté de solution à tous leurs différends, les deux leaders ont affi­ché leur convergence sur la crise nucléaire de Pyongyang qui constitue un casse-tête pour Washington. Sur ce dossier, les deux présidents sont tombés pleinement en accord sur un objectif commun : une « dénucléarisation » totale de la péninsule coréenne. Cet accord est intervenu quelques heures avant la reprise des discussions dimanche 9 entre les deux Corées.

De quoi se poser la question : la main tendue par Pyongyang à Séoul était-elle une pure coïncidence ou bien le fruit de fortes pressions chinoises exercées sur le régime stalinien à la veille du sommet sino-américain ? La Chine est en effet le seul allié de poids de Pyongyang, mais elle s’est montrée irritée de l’agressivité dont a fait preuve ces derniers mois le jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

En dépit de cet alignement sur la crise nord-coréenne, d’autres dossiers restent en suspens. A titre d’exemple : Xi Jinping a appelé les Etats-Unis à mettre fin à leurs ventes d’armes à Taïwan, sans obtenir de réponse américaine sur le sujet. Autre dossier à régler : Obama a affirmé ses inquiétudes en matière de cybersé­curité, pointant du doigt des attaques informa­tiques massives destinées à voler des données sensibles, gouvernementales ou relatives à des secrets industriels, en provenance du territoire chinois.

Défendant son pays, le conseiller d’Etat Yang Jiechi, plus haut responsable chinois en matière d’Affaires étrangères, a assuré que son pays était « opposé à toutes les formes d’at­taques informatiques ».

A ce sujet, les deux pays ont lancé un groupe de travail consacré à cette question qui se réu­nira à partir du mois de juillet.

Selon les experts, Xi Jinping, ouvert à la conversation et plus détendu que son prédéces­seur Hu Jintao, permettra d’établir des rela­tions de confiance avec son homologue améri­cain. De quoi rapprocher les deux plus grandes superpuissances de la planète, toujours parte­naires et adversaires .

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