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Iran: Une piste vers un accord

Maha Al-Cherbini avec agences, Lundi, 17 décembre 2012

Après plusieurs rencontres infructueuses, la réunion prévue le 16 janvier entre Téhéran et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) pourrait enfin apporter la percée tant attendue, même si la prudence reste de mise.

Un nouveau cycle de négociations se tiendra le 16 janvier entre Téhéran et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui a misé cette semaine sur l’obtention d’un accord « tant attendu » lors de cette prochaine rencontre. « Nous avons convenu de nous rencontrer le 16 janvier, date à laquelle nous comptons finaliser l’approche structurée et commencer à l’appliquer peu de temps après », a déclaré le chef des inspecteurs de l’agence, Herman Nackaerts, au retour de sa visite cette semaine à Téhéran, qualifiant de « bonnes » et « constructives » ses discussions avec le représentant iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh. Ce dernier a, pour sa part, fait état de « progrès » dans ces négociations, sans préciser si Téhéran a enfin permis à l’agence l’accès à la base militaire de Parchin, un site suspect qu’elle tente d’inspecter depuis plusieurs mois. L’AIEA souhaitait visiter ce site où elle soupçonne l’Iran d’avoir procédé à des tests d’explosions applicables au nucléaire. L’Iran, qui nie toutes activités en ce sens, a jusqu’ici refusé l’accès. Pour l’heure, le chef des inspecteurs de l’AIEA n’a pas, pour sa part, avoué s’il avait eu accès à ce site suspect. Même si les deux côtés tiennent à ne pas dévoiler les raisons de leur optimisme, cette ambiance d’enthousiasme sème l’espoir en une percée rapide à la crise nucléaire iranienne. « Que l’AIEA ait reçu des raisons d’être optimiste dans la conclusion d’un accord en janvier est une plaisante surprise », reconnaît Mark Fitzpatrick, de l’Institut international de recherches stratégiques à Londres. Depuis début 2012, l’AIEA tente de conclure un accord avec Téhéran sur une « approche structurée » donnant à ses inspecteurs un accès plus large à des sites, individus ou documents, susceptibles de lever les doutes sur l’existence d’un objectif militaire derrière le programme nucléaire iranien. L’enjeu consiste à répondre à toutes les questions soulevées dans le très critique rapport de novembre 2011. Dans ce document, l’agence avait publié un catalogue d’éléments indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique depuis 2003. Après environ dix ans d’enquête sur l’Iran, l’agence n’est toujours pas en mesure de déterminer les visées de ce programme nucléaire, par manque, selon elle, de coopération iranienne. Les grandes puissances et Israël soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l’arme atomique. Ils craignent en particulier que l’Iran ne veuille enrichir de l’uranium jusqu’au niveau nécessaire pour fabriquer l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément. Le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande- Bretagne, France et Allemagne) et l’Iran doivent d’ailleurs reprendre début 2013 leurs discussions, dans l’impasse depuis plusieurs mois.

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