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Riyad-Washington : Une alliance solide malgré les différends

Abir Taleb avec agences, Mardi, 27 janvier 2015

Liés par des intérêts mutuels, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis entretiennent des relations fortes, toutefois fragilisées ces dernières années.

La visite au Taj Mahal n’aura finalement pas lieu: Le président américain Barack Obama a décidé d’écourter son séjour en Inde, où il est arrivé dimanche dernier, pour se rendre en Arabie saoudite, après le décès du roi Abdallah. D’abord pour présenter ses condoléances au nouveau roi, mais aussi et surtout pour s’assurer que rien n’ébranlera les liens entre les deux pays.

En effet, malgré des systèmes et des points de vue diamétralement opposés, Washington et Riyad ont toujours tenu à préserver et à consolider leurs relations, basées sur des intérêts mutuels primordiaux pour l’un et l’autre. L’Arabie saoudite reste le plus important allié arabe des Etats-Unis, celui qui leur a, par exemple, soutenu lors de l’opération « Tempête du désert », lancée depuis des bases aériennes situées à des endroits stratégiques en Arabie saoudite, suite à l’invasion du Koweït par l’Iraq en 1991. Ce fut là le point culminant de la coopération entre les deux pays.

Mais depuis, plusieurs frictions ont touché les relations américano-saoudiennes. En effet, il y a eu ces dernières années des différences significatives sur de nombreux sujets : Sur la Syrie, où Riyad regrette que les Etats-Unis ne s’investissent pas davantage pour évincer le dirigeant syrien Bachar Al-Assad, ennemi de longue date de l’Arabie saoudite, sur l’Iran, les Saoudiens voyant d’un mauvais oeil un rapprochement entre Washington et Téhéran. A ce sujet notamment, la volonté de M. Obama d’avancer sur le dossier nucléaire de l’Iran, considéré comme « le plus grand danger extérieur » par Riyad, et le chaos ces derniers jours au Yémen voisin, ont encore augmenté les craintes saoudiennes et son scepticisme, quant à la politique de M. Obama. Sans oublier la lutte contre Al-Qaëda et d’autres organisations extrémistes en partie financées par des sources saoudiennes. Ou encore l’incapacité de M. Obama à tenir sa promesse de restaurer les liens des Etats-Unis avec le monde musulman, ou les liens étroits de Washington avec Israël.

Autant de questions qui ont fait naître quelques tensions sous-jacentes, mais qui ne risquent pas pour autant d’ébranler les relations entre les deux pays. Les frictions existent, les intérêts aussi. Ainsi, ce qui est significatif dans cette relation, « est que chacun des deux pays a besoin de l’autre », résume Marina Ottaway, spécialiste au Woodrow Wilson Center, citée par l’AFP. Pour elle, « l’Arabie saoudite reste importante pour les Etats-Unis, en terme de sécurité énergétique, et les Saoudiens ont toujours ressenti le besoin d’être protégés ».

Preuve que l’influence américaine est toujours aussi importante, la nomination de Mohamad bin Nayef, 55 ans, au poste de vice-prince héritier. Premier petit-fils du fondateur de la dynastie saoudienne est « le responsable saoudien en qui les Etats-Unis ont le plus confiance », selon le Washington Post. Pour certains observateurs, la nomination de Mohamad bin Nayef est le signe que les Etats-Unis exercent toujours une influence prépondérante dans les affaires saoudiennes. Elle règle aussi la question de la succession au sein de la nouvelle génération de la famille royale, d’autant plus que l’on parle déjà des prétentions au trône du nouveau prince-héritier, le prince Moqren.

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