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Dr Saïd Okacha : Israël reprendra les négociations pour gagner du temps, non pas pour réa­liser la paix »

Maha Salem, Mardi, 04 novembre 2014

3 questions à Dr Saïd Okacha, analyste au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, sur la situa­tion à Jérusalem.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi le gouvernement israélien a-t-il pris la décision de fermer l’Es­planade de la mosquée d'Al-Aqsa puis de la rouvrir ?

Dr Saïd Okacha: Cette décision montre que le gouvernement israélien souffre d’une vraie crise. Le premier ministre Benyamin Netanyahu a pris cette décision pour satisfaire la droite ultra-nationaliste religieuse israélienne, et les colons juifs qui veulent dominer la mosquée Al-Aqsa et chasser les Palestiniens. Mais aussi, Netanyahu a voulu envoyer un message à la communauté internationale et aux Arabes : faire savoir qu’il possède une arme et qu’il est prêt à l’utiliser. Ainsi, il répond aux pressions de la communauté internationale, avant une éventuelle reprise des négociations de paix. Netanyahu a voulu rappeler son refus de la division du Jérusalem. Enfin, c’est un moyen de montrer que les juifs ont les mêmes droits que les musulmans à Al-Aqsa.

— Mais en faisant volte-face, son image ne s’est-elle pas alté­rée ?

— Tout d’abord, Netanyahu a réalisé ses objectifs en transmet­tant son message. Mais, contre son gré, les Palestiniens ont pro­fité de cette décision pour attirer l’attention à leur question oubliée mondialement, pour plusieurs rai­sons. Les leaders palestiniens ont réussi à exposer la fermeture d’Al-Aqsa comme un conflit reli­gieux pour inciter le monde isla­mique à agir. Aussi, le gouverne­ment israélien craint de renouve­ler la scène qui a eu lieu en octobre 2000, quand Israël a déci­dé de fermer l’Esplanade d’Al-Aqsa qui a causé la deuxième Intifada.

— Dans ce climat, une reprise des négociations de paix est-elle envisageable ?

— Bien sur, les négociations de paix vont reprendre. Netanyahu sait bien que la communauté internationale ne fermera pas les yeux longtemps. Maintenant, Israël craint qu’un autre pays européen reconnaisse la Palestine. Il craint aussi un recours du prési­dent palestinien Mahmoud Abbas à la Cour de la justice internatio­nale. Le premier ministre israé­lien reprendra les négociations, au moins pour gagner du temps, non pas pour réaliser la paix .

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