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Le Caire : Frapper au-delà de l'EI

Abir Taleb avec agences, Mardi, 16 septembre 2014

C’est au Caire que le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a clos samedi dernier sa tournée régionale visant à rallier les pays arabes à la coalition internationale contre l’Etat Islamique (EI). Mais pour l’Egypte, toute coalition internationale contre le terrorisme ne devrait pas cibler uniquement l’EI mais frapper d’autres groupes armés. Une coalition, a déclaré le président Abdel-Fattah Al-Sissi, « devrait avoir un objectif global et ne pas cibler exclusivement une organisation spécifique ou éradiquer tel ou tel foyer terroriste », selon le communiqué de la présidence. « Une coalition devrait plutôt s’élargir pour inclure la lutte contre le terrorisme qu’il soit au Moyen-Orient ou en Afrique », a dit le président égyptien.
En effet, l’inquiétude de l’Egypte trouve son origine dans la situation interne du pays, qu’il ne faut pas séparer du contexte régional, selon Le Caire. Ainsi, les autorités égyptiennes ont fait état de contacts entre l’EI et le groupe djihadiste Ansar Beit Al-Maqdes qui opère principalement au Sinaï et a tué plusieurs centaines de membres des forces de sécurité depuis la destitution du président islamiste Mohamad Morsi en juillet 2013. Sans oublier le mouvement des Frères musulmans, désormais considéré comme une organisation terroriste. « En fin de compte, cette idéologie extrémiste est partagée par tous les groupes terroristes. Nous détections des relations de coopération entre eux », a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, lors d’une conférence de presse commune avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Et d’ajouter : « Nous pensons que le rejet du terrorisme est une responsabilité collective relevant de tous les membres de la communauté internationale ».
De même, justifiant sa position, Abdel-Fattah Al-Sissi a exprimé son inquiétude quant à la présence de combattants étrangers dans les rangs de l’EI et à la menace qu’ils représentent quand ils retournent dans leurs pays d’origine.
« Certes, l’EI ne représente pas de menace directe sur l’Egypte, cela dit, l’Egypte a accueilli favorablement cette coalition car elle va permettre de lutter contre d’autres groupes. C’est pour cela que l’objectif de l’Egypte est que la vision de la lutte antiterroriste soit plus large et dépasse les seuls intérêts des Etats-Unis », explique Dr Hicham Ahmad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. En même temps, selon ce dernier, « l’Egypte peut tirer profit de sa contribution à plus long terme, et ce, en améliorant ses relations avec certains pays occidentaux ». « Cela dit, l’Egypte ne risque pas d’intervenir militairement de manière directe », dit-il.
Pour les Etats-Unis, le rôle de l’Egypte est primordial : selon John Kerry, du fait de sa prédominance intellectuelle et théologique sur le monde arabe, l’Egypte a un rôle crucial à jouer contre l’idéologie qui sous-tend l’Etat islamique. Les Etats-Unis attendent notamment que l’Université d’Al-Azhar du Caire, haut lieu de l’enseignement de l’islam, envoie un message de modération face à l’attrait qu’exercent les djihadistes .
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