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Ahmed Sayed Ahmed : Tant qu’il n’y a aucune perspective de paix à l’horizon, les tensions ne cesseront de resurgir

Ines Eissa , Vendredi, 14 juillet 2023

3 questions au Dr Ahmed Sayed Ahmed, spécialiste de politique étrangère au CEPS sur la récente escalade en Cisjordanie et les risques à venir.

Ahmed Sayed Ahmed

Al-Ahram Hebdo : Après Jénine la semaine dernière, Naplouse cette semaine … Israël multiplie ses opérations en Cisjordanie et la tension est à son comble …

Ahmed Sayed Ahmed : En effet, la tension est à son comble dans les territoires occupés. La frustration des Palestiniens est aussi à son comble, et ce, en raison des politiques du gouvernement israélien, le plus extrémiste de l’histoire du pays. La politique menée par la coalition ne donne aucun espoir aux Palestiniens, puisque ses membres ont convenu, dès le début, à geler les négociations de paix avec l’Autorité palestinienne et à refuser la solution basée sur le principe de deux Etats. Cette ligne politique affichée s’est traduite sur le terrain au quotidien par des actes de provocation à répétition. Ainsi l’intrusion répétée de la mosquée Al-Aqsa par les membres du gouvernement extrémistes accompagnés de colons attise la colère des Palestiniens. Sans compter les opérations militaires israéliennes. Tant qu’il n’y a aucune perspective de paix à l’horizon, les tensions ne cesseront de resurgir.

— Cette situation peut-elle mener à une troisième Intifada ?

— Les confrontations actuelles en Cisjordanie opposent jusque-là essentiellement les factions palestiniennes armées aux forces militaires israéliennes. La rue n’est pas encore impliquée dans cette confrontation. D’ailleurs, le gouvernement israélien a déclaré en fin de semaine que son opération à Jénine est terminée. Les tensions vont momentanément baissé, à moins que les membres extrémistes du gouvernement n’en décident autrement.

— Que peut faire l’Autorité palestinienne face à cette escalade ?

— Le gouvernement palestinien dispose de peu d’options face aux pratiques du gouvernement israélien. Cependant, l’Autorité palestinienne a décidé de suspendre la coopération sécuritaire avec les services israéliens, ainsi que de porter plainte auprès de la Cour internationale de justice tout en revoyant ses relations avec l’Administration américaine. Des décisions qui demeurent symboliques et sans portée substantielle. En effet, le président palestinien se trouve dans une situation critique, il se trouve démuni de toute influence sur le gouvernement israélien.

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