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Rompre l’isolement de la Syrie

Abir Taleb , (avec Agences) , Vendredi, 24 mars 2023

Le président syrien, Bachar Al-Assad, s’est rendu cette semaine aux Emirats arabes unis. Abu-Dhabi encourage un retour de Damas dans le giron arabe.

Rompre l’isolement de la Syrie

« La Syrie n’a pas été avec ses frères depuis trop longtemps et le temps est venu pour elle de revenir auprès d’eux et dans son environnement arabe ». La déclaration du président émirati, Mohamad bin Zayed Al Nahyan, cité par l’agence WAM, en dit long sur la volonté d’un retour de la Syrie dans le giron arabe. Une déclaration faite à l’occasion de la visite officielle, dimanche 19 mars, aux Emirats arabes unis, du président syrien, Bachar Al-Assad, au cours de laquelle ont été tenus « des pourparlers visant à développer les relations » bilatérales, permettant notamment d’« explorer les moyens de renforcer la coopération pour accélérer la stabilité et les progrès en Syrie et dans la région », d’après le président émirati. « L’approche et les efforts des Emirats envers la Syrie s’inscrivent dans une vision plus profonde et une approche plus large visant à renforcer la stabilité arabe et régionale », a de son côté déclaré Anwar Gargash, premier conseiller du président émirati. Côté syrien, Assad a salué le rôle des Emirats dans le renforcement des relations entre pays arabes, estimant que celles-ci devraient être « fraternelles », selon un communiqué de la présidence syrienne.

Ces contacts entre les deux pays ne sont pas les premiers, d’autant plus que les Emirats sont le seul pays du Golfe à avoir toujours maintenu des relations diplomatiques officielles avec Damas depuis le début de la guerre. Le ministre émirati des Affaires étrangères, Abdallah bin Zayed Al Nahyan, s’est également rendu en Syrie le mois dernier ; il était le premier haut responsable du Golfe à le faire après le tremblement de terre.

En effet, le séisme meurtrier de février dernier a accéléré les efforts visant à rompre l’isolement de la Syrie, exclue de la Ligue arabe depuis fin 2011. Et Abu-Dhabi semble être le fer de lance des démarches destinées à une réconciliation entre Damas et le reste des pays arabes. Mais les Emirats ne sont pas les seuls. Depuis le séisme, des pays arabes ont intensifié leurs contacts et envoyé de l’aide à Damas. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, avait estimé en février qu’une nouvelle approche vis-à-vis de la Syrie impliquant des négociations avec Damas pour faire face aux crises humanitaires était nécessaire. Mais ce n’est pas seulement avec les Arabes que Damas veut rompre son isolement. Le président russe, Vladimir Poutine, a reçu Bachar Al-Assad mercredi 15 mars à Moscou. Outre les relations bilatérales, il était aussi question d’une éventuelle réconciliation entre Damas et Ankara, que le Kremlin s’efforce de parrainer. Un rapprochement entre Ankara et Damas qui s’inscrit dans une tendance à la réintégration de Damas dans le jeu diplomatique régional .

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