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Liban-Israël : Un accord in extremis

Ines Eissa , (avec Agences) , Mercredi, 12 octobre 2022

Après plusieurs tergiversations, un accord sur la délimitation des frontières maritimes entre le Liban et Israël a été finalement annoncé.

Liban-Israël : Un accord in extremis

Après d’intenses négociations sous l’égide des Etats-Unis, Israël a annoncé mardi 11 octobre avoir conclu un accord avec le Liban pour délimiter leur frontière maritime. Le premier ministre israélien, Yaïr Lapid, a parlé d’un accord « historique », qui va « renforcer la sécurité d’Israël, injecter des milliards dans l’économie israélienne et assurer la stabilité de notre frontière nord », précisant qu’une réunion de son cabinet est prévue ce mercredi à ce sujet. « Toutes nos demandes ont été acceptées », avait déclaré plus tôt Eyal Hulata, le conseiller à la sécurité nationale du premier ministre israélien.

Côté libanais, la présidence a indiqué que la version finale est « satisfaisante » pour le Liban. Elle « répond aux demandes du Liban et préserve son droit à ses richesses naturelles ».

Pourtant deux jours avant cette annonce, le ministère israélien de l’Energie a donné son feu vert à la société Energean pour lancer les tests de connexion de sa plateforme flottante d’exploitation du champ gazier de Karish au réseau national de gaz israélien. La plateforme pourra commencer ses activités dans quelques semaines, une fois ces tests réalisés. Le champ de Karish est au centre d’un conflit avec le Liban, les deux pays se disputant les droits de forage sur le site. Or, aucun détail n’a été donné sur les détails de l’accord et sur le champ de Karish.

« Les négociations entre les deux pays étaient d’autant plus délicates qu’elles sont intervenues dans un contexte délicat pour les deux parties et une situation politique interne défavorable des deux côtés », explique un diplomate qui a requis l’anonymat. « Du côté israélien, un accord avec le Liban est devenu un enjeu électoral d’autant que les législatives sont prévues le 1er novembre ; ainsi, le gouvernement de Lapid faisait l’objet d’une pression féroce de l’ancien premier ministre Netanyahu pour rejeter l’accord », ajoute le diplomate. « La situation au Liban est encore plus compliquée vu que le mandat du président Michel Aoun arrive à son terme à la fin du mois d’octobre, que le pays est sans gouvernement et que le Hezbollah exerce une forte pression politique pour obtenir un accord honorable qui montrerait l’importance du rôle de ses milices armées dans la vie politique libanaise », explique le diplomate.

De son côté, Israël maintient qu’il exploitera le gisement de Karish, et ce, même en l’absence d’accord sur sa frontière maritime avec le Liban et en dépit de menaces du Hezbollah. Reste à savoir si Hassan Nasrallah considère que les tests sont suffisants pour mettre ses menaces à exécution.

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