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La Tunisie depuis la chute de Bin Ali en janvier 2011

Mardi, 30 juillet 2019

— Chute de Bin Ali :

Le 14 janvier 2011, le président Zein Al-Abidine Bin Ali fuit son pays après 23 ans au pouvoir à l’issue d’une révolte populaire déclen­chée par l’immolation par le feu en décembre d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre-ouest), excédé par la pauvreté et les humilia­tions policières. Le soulèvement fait 338 morts et plus de 2 100 blessés.

— Victoire d’Ennahda :

Le 23 octobre 2011, le mouvement islamiste Ennahda, légalisé en mars, remporte 89 des 217 sièges de l’Assemblée constituante lors des premières élections libres de l’histoire du pays. En décembre de la même année, Moncef Marzouki, militant de gauche, est élu chef de l’Etat par la Constituante. Hamadi Jebali, n° 2 d’Ennahda, forme le gouvernement.

— Tensions :

En avril 2012, des affrontements éclatent dans le bassin minier du sud-ouest entre chômeurs et policiers. En juin, puis en août, des manifestations violentes et des attaques de groupuscules islamistes radicaux se multiplient. En septembre, des centaines de manifestants dénonçant un film islamophobe sur Internet attaquent l’ambassade américaine. Des émeutes éclatent fin novembre à Siliana, ville dés­héritée au sud-ouest de Tunis : 300 blessés en 5 jours. Grèves et manifestations, parfois violentes, touchent l’industrie, les services publics, les transports et le commerce. Comme en 2011, c’est dans les régions économiquement marginalisées que se cristallisent les conflits.

— Assassinats d’opposants :

Le 6 février 2013, l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd est tué à Tunis. Le 25 juillet, le député Mohamad Brahmi est assassiné près de la capitale. Les deux meurtres, qui provoquent de profondes crises, sont revendiqués par des djihadistes ralliés à Daech.

— Transition démocratique :

Le 26 janvier 2014, une Constitution est adoptée, avec plus d’un an de retard. Un gouvernement de technocrates est formé et les isla­mistes se retirent du pouvoir. Le 26 octobre, le parti anti-islamiste Nidaa Tounes, de Béji Caïd Essebsi, qui regroupe aussi bien des figures de gauche et de centre-droit que des proches du régime de Bin Ali, gagne les législatives, devançant Ennahda. Béji Caïd Essebsi remporte la présidentielle en décembre.

— Attentats djihadistes :

En 2015, la Tunisie est frappée par 3 attentats majeurs, revendiqués par l’EI, implanté en Libye voisine. Ils font 72 morts, surtout des touristes étrangers et des membres des forces de l’ordre, au musée du Bardo à Tunis, dans un hôtel de Sousse (centre-est) et contre un bus de la garde présidentielle à Tunis. En mars 2016, des dizaines de djihadistes attaquent des installations sécuritaires à Ben Guerdane (sud), tuant 13 membres des forces de l’ordre et 7 civils. La sécurité s’est améliorée ces dernières années, mais l’état d’urgence, instauré en 2015, a sans cesse été renouvelé.

— Troubles sociaux :

En janvier 2016, une vague de contestation débute à Kasserine (centre), après le décès d’un jeune chômeur. La colère se propage dans de nombreuses régions et les autorités décrètent un couvre-feu. En mai 2017, un sit-in sur le site pétrolier Al-Kamour (sud) dégénère en affrontements avec les forces de l’ordre. Début 2018, la Tunisie est touchée par un mouvement de contestation exacerbé par l’entrée en vigueur d’un budget d’austérité.

— Instabilité politique :

Le président Essebsi annonce en septembre la fin de l’alliance avec Ennahda. En novembre, le premier ministre Youssef Chahed annonce un remaniement pour « sortir de la crise politique ». La présidence fait savoir qu’elle ne l’approuve pas. Le 29 janvier 2019, le président accuse Youssef Chahed de s’accrocher au pouvoir et d’avoir conclu un pacte « secret » avec Ennahda, alors que le premier ministre rassemble ses troupes en vue des élections prévues à l’automne. Le 2 juin, Youssef Chahed est élu à la tête du parti Tahia Tounes, né après des scissions au sein du parti présidentiel Nidaa Tounes.

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