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Le Yémen depuis le départ de Saleh jusqu'à son assassinat

AFP, Mardi, 05 décembre 2017

Le 27 février 2012, le président Saleh cède officiellement le pouvoir à son successeur, Abd-Rabbo Mansour Hadi, après 33 ans de règne. Il a été contesté dans la rue pendant des mois avant d’accepter, sous la pression des monarchies du Golfe, un plan de transition prévoyant son départ en échange d’une immunité pour lui et ses proches. Pendant l’été 2014, la rébellion chiite des Houthis, s’estimant marginalisée après l’insurrection anti-Saleh, lance une offensive depuis son fief de Saada (nord). Issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), les Houthis sont soutenus par l’Iran, qui dément toute implication militaire.

Le 21 septembre de la même année, les rebelles, alliés à de puissantes unités militaires restées fidèles à M. Saleh, entrent dans Sanaa et s’emparent du siège du gouvernement après plusieurs jours de combats. L’ex-chef de l’Etat avait combattu à six reprises les Houthis durant sa présidence.

Le 14 octobre, les Houthis prennent le port de Hodeida (ouest) puis progressent vers le centre.

Le 20 janvier 2015, ils s’emparent du palais présidentiel à Sanaa.

Le 21 février, le président Hadi fuit Sanaa pour Aden (sud), qu’il proclame capitale « provisoire ».

En mars, les Houthis avancent vers le Sud et s’emparent de Aden. Leur chef, Abdel-Malek Al-Houthi, justifie l’offensive par la lutte contre les extrémistes sunnites d’Al-Qaëda et de Daech.

Le 26 mars 2015, neuf pays dirigés par l’Arabie saoudite lancent l’opération aérienne « Tempête décisive » (puis « Restaurer l’espoir ») pour contrer l’avancée des Houthis. Le président Hadi se réfugie à Riyad.

Le 17 juillet, le gouvernement annonce la « libération » de la province de Aden, premier succès des forces loyalistes appuyées par la coalition arabe sous commandement saoudien.

Jusqu’à mi-août, les forces loyalistes parachèvent la reprise de cinq provinces du sud, mais peinent à les sécuriser face à Al-Qaëda et Daech.

En octobre, les forces loyalistes reprennent le contrôle du détroit de Bab Al-Mandeb, par où transite une bonne partie du trafic maritime mondial. Mais les offensives lancées sur Sanaa patinent depuis.

Le 23 août, la direction des Houthis qualifie de « traître » l’ex-président Saleh pour les avoir présentés comme des « miliciens ». Le lendemain, l’ex-président rassemble des centaines de milliers de personnes dans la capitale à l’occasion du 35e anniversaire de son parti, le Congrès Populaire Général (CPG).

Le 26 août, un colonel proche de M. Saleh et deux Houthis sont tués.

Le 29 novembre, la crise entre M. Saleh et les Houthis dégénère à Sanaa, où de violents combats éclatent entre les deux alliés. Ils ont fait, depuis, des dizaines de morts.

Le 2 décembre, M. Saleh propose à l’Arabie saoudite de « tourner la page », à condition qu’elle lève le blocus renforcé un mois plus tôt après un tir de missile par les Houthis au-dessus de Riyad. Cet appel est fustigé par les Houthis qui dénoncent un « coup de force » de M. Saleh et qui le tuent.

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