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Mini-victoire pour les Palestiniens

Inès Eissa avec agences, Lundi, 31 juillet 2017

La crise de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem a été désamorcée après qu'Israël eut fait marche arrière. Les Palestiniens crient victoire, mais dans l'ensemble, le problème reste entier.

Mini-victoire pour les Palestiniens
Une rare victoire pour les Palestiniens dans leur lutte contre l'occupation israélienne. (Photo:AFP)

Un calme précaire est revenu à Jérusalem. Après deux semaines d’affrontements entre les Palestiniens et les forces de l’ordre israéliens, le gouvernement hébreu a fait machine arrière et a décidé de lever les détecteurs de métaux à l’entrée d’Al-Aqsa, un site politiquement et religieuse­ment symbolique pour les Palestiniens. Ce recul d’Israël est vu par les Palestiniens comme une rare victoire dans leur lutte contre l’occupation israélienne. Une victoire certes, mais dont il ne faut pas trop se réjouir. « Les Palestiniens sortent galvanisés par ce qui est pour eux un succès dans un océan de défaites », a déclaré à l’AFP Ofer Zalzberg, du centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Et, selon Dr Hicham Mourad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, « la crise actuelle, bien qu’elle puisse être considérée comme un succès pour les Palestiniens, reste tout de même un succès à court terme et non pas un grand saut à l’avant ». Car, selon lui, ça reste tout de même une confrontation à répétition « qui permet seulement de maintenir le statu quo sans pour autant faire avancer les choses ».

Troisième lieu saint de l’islam, l’esplanade des Mosquées est située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël. L’annexion n’a jamais été reconnue par l’Onu et les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, ce qui fait de l’esplanade — que les juifs appellent Mont du Temple et considèrent eux aussi comme sacrée — un lieu ultrasensible.

Les forces politiques hors jeu
Quand, il y a deux semaines, Israël a décidé d’installer de nouvelles mesures de sécurité à ses entrées, dont des détecteurs de métaux et des caméras, après une attaque meurtrière ayant coûté la vie à deux policiers israéliens le 14 juillet, la colère des Palestiniens a éclaté. A leurs yeux, l’Etat hébreu tentait ainsi de renforcer son contrôle sur un lieu symbolique pour la souverai­neté de l’Etat qu’ils appellent de leurs voeux. Israël, de son côté, justifiait ces mesures en sou­lignant que les attaquants avaient pu cacher leurs armes sur l’esplanade. Après l’installation des détecteurs de métaux, les autorités religieuses musulmanes, le Waqf, ont demandé aux fidèles de boycotter l’esplanade et de prier à ses entrées dans la vieille ville. De nombreuses manifesta­tions ont suivi et la tension a culminé le 21 juillet, jour de la grande prière du vendredi, quand des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens ont fait trois morts à Jérusalem-Est et dans les territoires occupés. Le même soir, un Palestinien entrait dans la maison de colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé militairement par Israël, tuant trois d’entre eux.

En outre, ce face-à-face qui a duré deux semaines a mobilisé de vastes pans de la société palestinienne. Mais il a aussi montré la faiblesse de l’Autorité elle-même et du reste des partis politiques. « Le mouvement a mobilisé des gens de tous bords, religieux, non religieux, musul­mans, chrétiens, riches et pauvres », souligne l’analyste Diana Buttu, une ancienne respon­sable politique palestinienne. Selon elle, les partis et groupes politiques traditionnels, tels le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, n’ont pas été le moteur des protestations ani­mées par la rue.

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