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Syrie : Le débat sur les armes chimiques relancé

Inès Eissa avec agences, Lundi, 03 juillet 2017

La confirmation par l'Onu de l'utilisation de l'arme chimique rebat les cartes du jeu en Syrie. Un coup de théâtre qui changerait la donne une fois de plus.

Une fois de plus, le régime syrien est accusé d’utiliser les armes chimiques contre ses opposants. Le rapport de l’inter­diction des armes chimiques s’avère d’au­tant plus embarrassant que les Russes s’étaient portés garants du non-recours à l’arme chimique par le régime syrien. Les experts de l’Organisation Internationale pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) confirment en effet dans un rapport d’enquête que du gaz sarin a bien été utilisé lors de l’attaque du 4 avril en Syrie, qui avait provoqué une riposte américaine, et appellent à « engager des poursuites » contre les auteurs de cette « horrible attaque ».

Le résultat de ce rapport va maintenant servir de base à une commission conjointe entre l’Onu et l’OIAC, qui devrait dire si les forces du régime syrien sont respon­sables de ce bombardement chimique sur la localité de Khan Cheikhoun le 4 avril der­nier, une attaque qui avait fait 87 morts, attribuée par les Occidentaux au régime de Bachar Al-Assad. Ce dernier, soutenu par son allié russe, avait démenti en être à l’ori­gine. D’ailleurs, les Russes continuent à mettre en doute l’usage d’armes chimiques. « Nous sommes obligés de constater que ses conclusions sont toujours fondées sur des données très douteuses », a critiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, en assurant y voir des signes d’une « commande politique ». Pour la diplomatie russe, ce rapport « pousse indirectement tout lecteur qui ignore toutes les circonstances de l’affaire à conclure que les forces gouvernementales syriennes en sont responsables ». Moscou espère que la commission conjointe Onu-OIAC « fera preuve d’un haut profession­nalisme et d’impartialité politique afin de trouver les vrais responsables de ce crime », souligne le communiqué.

Cette évolution intervient alors que la polémique a été relancée la semaine der­nière sur l’usage d’armes chimiques. Le président américain, Donald Trump, a mis en garde la semaine dernière le régime de Bachar Al-Assad contre toute nouvelle uti­lisation, les Etats-Unis se disant prêts à riposter comme ils l’avaient fait après une attaque similaire début avril. « Les Etats-Unis ont identifié de potentiels préparatifs d’une autre attaque chimique par le régime syrien d’Assad qui pourrait provoquer le massacre de civils, y compris des enfants innocents », a écrit le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, dans un communiqué. Ces activités « sont simi­laires aux préparatifs du régime avant son attaque à l’arme chimique du 4 avril », a noté le représentant de l’exécutif améri­cain. Si le président syrien lançait une autre attaque à l’arme chimique « lui et son armée paieraient le prix fort », a prévenu Sean Spicer.

« Le recours aux armes chimiques en Syrie a toujours été depuis le début de la guerre un moyen de pression sur le régime de Bachar », explique un diplomate qui a requis l’anonymat. Selon lui, ce sujet a été instrumentalisé politiquement par les Etats-Unis et la France sans que ce soit vraiment considéré comme une question de principe moral. « Et, par conséquent, la commu­nauté internationale a perdu toute sa crédi­bilité à cet égard et paraît peu convain­cante aux yeux de l’opinion publique », conclut le diplomate,

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