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En Algérie, les élections ne déchaînent pas les passions

Maha Salem avec agences, Jeudi, 04 mai 2017

Des élections législatives se tiennent ce 4 mai en Algérie dans un climat de désintérêt total. Le Front de libération national au pouvoir est le grand favori.

Les Algériens sont appelés ce 4 mai aux urnes pour élire leur nouvelle Assemblée Nationale Populaire (ANP), les cinquièmes législatives depuis 1991. Selon les chiffres officiels du ministère algérien de l’Intérieur, 12 591 candidats se sont inscrits sur 1 088 listes électorales, dont 797 représentant 63 partis politiques, 163 listes de candidats libres et 128 alliances. Comme dans les précédentes élections, l’enjeu essentiel de ce scrutin est le taux de participation. De même, elles se tiennent dans un climat social, politique et économique très tendu. Sur le plan politique, un climat de tension et de controverses entre le gouvernement et certains partis de l’opposition existe toujours. Touchée par la chute des cours du pétrole qui a affecté ses revenus en devises, l’Algérie est plongée dans une crise que le président Bouteflika a qualifiée d’aiguë.

Pour faire face, le gouvernement a décidé d’adopter une politique d’austérité, en haussant les prix de certains produits de première nécessité. Pour garantir la paix sociale, les autorités ont également maintenu le système de subventions et d’aides étatiques qui coûte plus d’une dizaine de milliards de dollars par an au Trésor public.

Lancée le 9 avril, la campagne électorale pour les législatives s’est déroulée dans un climat pacifique, mais les candidats ont affronté un vrai problème : l’indifférence de la majeure partie des électeurs. Un désintérêt qui a poussé tous les candidats à mettre en évidence leur solgan « Allez voter ». De même, la majorité des partis ont choisi de lancer leur campagne en dehors de la capitale Alger. Et pour convaincre les électeurs, les candidats ont tenu quelque 1 826 réunions dans tout le pays jusqu’à 30 avril, dernier jour de campagne. Aux législatives de 2012, seuls 42,90 % des électeurs avaient voté.

Parmi les candidats, figurent 5 ministres ayant décidé de participer aux législatives. En vertu de la Constitution, le président algérien a mis en congé ces ministres et leur intérim a été assuré par d’autres membres du gouvernement.

FLN contre RND

Selon les analystes, le Front de Libération Nationale (FLN), que dirige Djamel Ould Abbès, est le grand favori. Majoritaire dans l’actuelle assemblée avec 220 députés, le parti, dont la présidence d’honneur est assurée par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a déjà sorti l’artillerie lourde avec la candidature de 7 membres du gouvernement d’Abdelmalek Sellal et de 3 anciens ministres. En face, la formation d’Ahmed Ouyahia, ministre de la Justice et secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), qui ne compte que 68 députés, présente 614 candidats, dont un seul ministre et 7 hommes d’affaires. Ces deux frères ennemis se combattent pour la majorité dans la future Assemblée nationale. Déjà, ils ont deux buts essentiels : le poste du premier ministre. En vertu de la nouvelle Constitution, adoptée en 2016, le président de la République est tenu de consulter la majorité parlementaire avant de nommer son premier ministre. En théorie, rien ne l’oblige à choisir celui-ci au sein du parti majoritaire.

L’autre but est encore plus important, même si aucun dirigeant du FLN ou du RND n’ose le formuler publiquement. Il concerne la succession du chef de l’Etat, qui a fêté ses 80 ans le 2 mars dernier. Certes, l’avenir politique du président demeure un tabou. Et rien ne dit qu’il ne sera pas candidat à un cinquième mandat dans moins de deux ans. Mais les deux dirigeants rêvent que le parti qui contrôlera la majorité dans la future Assemblée disposera d’un poids politique non négligeable quand viendra le moment de désigner le nouveau président. Quand bien même les critères, les conditions et les modalités de sa désignation demeurent de vraies inconnues.

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