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Hadia Sabri : La Ligue arabe s’intéresse au ren-forcement des processus de démo-cratisation de ses Etats membres

Mohamad El-Sayed Hama, Mercredi, 03 mai 2017

La Ligue arabe a dépêché en Algérie une mission d’observation électorale à l’occasion des élections législatives qui se déroulent le 4 mai dans ce pays. La ministre déléguée, Hadia Sabri, directrice du département des affaires électorales à la Ligue arabe, explique la mission de ces observateurs. Interview.

Hadia Sabri

Al-ahram hebdo : Quel est le rôle des observateurs de la Ligue arabe aux élections législatives algériennes du 4 mai ?

S.E. Hadia Sabri: Une partie des observateurs envoyés par la Ligue arabe s’est rendue en Algérie dès mercredi dernier. Ils ont commencé leur mission par des rencontres avec les divers organismes concernés par l’organisation de ces élections. Le reste des membres de l’équipe, qui compte en tout 121 observateurs issus de 18 pays arabes, à l’exclu­sion de l’Algérie, les a rejoints le 30 avril. Dès leur arrivée, les observa­teurs se sont répartis sur les 48 wilaya du pays pour pouvoir recon­naître la situation sur le terrain. Se basant sur cette réalité, la mission d’observation rédigera ensuite un rapport préliminaire incluant ses observations et recommandations.

Le rôle des observateurs consiste aussi à évaluer en toute objectivité les différentes étapes du processus, depuis la campagne électorale jusqu’au dépouillement des votes, et à voir à quel point ce processus cor­respond aux lois du pays concerné et aux normes électorales internatio­nales.

La participation est l
La participation est l'un des enjeux des élections algériennes

— Sur quels critères ont été choisis ces observateurs ?

— Plusieurs facteurs sont pris en considération lors de la formation d’une mission électorale d’observa­tion. La superficie du pays et des circonscriptions, ainsi que le nombre de votants déterminent le nombre d’observateurs à envoyer. Quant au choix de ces derniers, il obéit à des critères de représentativité des pays membres de la Ligue arabe et de parité hommes-femmes, de même leur état de santé est pris en considé­ration, du fait que ce genre de mis­sion demande souvent beaucoup de déplacements et de longues heures de travail.

— Vous avez évoqué des ren­contres avec des responsables algériens. Pouvez-vous le préci­ser ?

— Il s’agit de réunions avec la commission nationale chargée de l’organisation des élections, ainsi qu’avec la Haute Commission indé­pendante de surveillance des élec­tions. D’autres réunions ont été pro­grammées avec des responsables aux ministères algériens des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Justice et de la Communication, et bien sûr avec les représentants des partis politiques en lice. Les obser­vateurs de la Ligue arabe ont profité aussi de l’occasion pour rencontrer des membres d’autres missions d’observation.

— Quelle est la raison derrière la création d’un département des affaires électorales au sein de la Ligue arabe ?

— La Ligue arabe s’est engagée dans ce domaine depuis les années 1990, alors que la communauté internationale accordait un intérêt grandissant à l’observation des élec­tions. La première fois c’était en 1992 quand le Djibouti a demandé à la Ligue arabe d’envoyer des obser­vateurs pour ses élections législa­tives. Depuis, ce genre de demande a considérablement augmenté, notamment dans la période entre 2004 et 2013. Le besoin s’est fait sentir de créer un organisme consa­cré à cette mission, surtout que la Ligue arabe s’intéresse au renforce­ment des processus de démocratisa­tion de ses Etats membres. Ainsi en mai, 2013 l’ex-secrétaire général, Nabil Al-Arabi, a décidé de créer ce département.

— Combien de missions avez-vous dépêchées jusqu’ici ?

— La Ligue arabe a envoyé des missions dans 20 pays, dont 12 arabes, pour l’observation d’élec­tions législatives et présidentielle ou de référendums. Cela fait en tout plus de 70 missions d’observation et pas moins de 1700 observateurs.

— A qui la mission de la Ligue arabe soumet ses rapports ?

— Après la clôture des urnes, le chef de la mission publie une décla­ration avec les premiers indices des résultats, le nombre de bureaux visi­tés et des remarques générales sur le déroulement du vote. Environ deux mois après l’annonce des résultats, un rapport plus élaboré est publié avec les points positifs et négatifs sur chacune des étapes des élections et les recommandations de la mis­sion d’observation. Ce rapport est soumis au secrétaire général de la Ligue arabe et une copie est envoyée aux autorités concernées du pays en question.

— Y a-t-il une différence entre le travail des observateurs de la Ligue arabe et celui des autres missions d’observation électo­rale ?

— Certaines missions se conten­tent d’offrir une aide logistique et technique, alors que d’autres en plus de cela observent le déroule­ment des élections. Les Nations-Unies par exemple offrent, à la demande de l’Etat en question, un soutien matériel et de sensibilisa­tion, alors que l’observation des élections ne se fait que sur recom­mandation du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale. Quant aux missions de la Ligue arabe, elles assurent les deux fonctions, celle d’observation qui donne confiance aux électeurs quant à l’intégrité des élections, et celle de l’assistance technique et organisationnelle en concertation avec les autorités locales. Nous souhaitons consolider ce rôle à travers la coopération avec d’autres ONG internationales et régionales opérant dans ce domaine, et surtout à travers la formation continue de nos observateurs pour offrir une meilleure assistance aux pays membres .

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