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Iraq: Un scrutin et des problèmes qui s’éternisent

Sabah Sabet avec agences, Mardi, 23 avril 2013

Peu de changements sont attendus après les premières élections (provinciales) depuis le départ des troupes américaines.

Malgré la vague de violence et les incidents meurtriers qui ont précédé les élections provinciales — 14 candidats ont été assassinés depuis le début de l’année et plus de 100 personnes ont péri dans des attentats en une semaine —, 51 % de 13,8 millions d’électeurs ont voté samedi lors des élections provinciales. Le jour même du vote, deux personnes ont été tuées dans le nord du pays et des tirs de mortier ont endommagé des bureaux de vote près de Bagdad. De plus, le manque de la sécurité a empêché des milliers des Iraqiens d’aller voter, et ce, malgré les mesures prises par le ministre de l’Intérieur.

Tentant de rassurer les Iraqiens, le premier ministre, Nouri Al-Maliki, a expliqué à ceux qui tremblent pour l’avenir de l’Iraq et qui craignent le retour de la violence et de la dictature que « le bulletin de vote est l’arme qui nous permettra de lutter (…). Il n’y aura pas de retour en arrière ».

Or, seules 12 des 18 provinces iraqiennes ont participé aux élections, ce qui entame, selon des observateurs, la crédibilité du scrutin. Dans le nord, les trois provinces de la région autonome du Kurdistan disposent d’un calendrier électoral distinct et à Kirkouk un contentieux entre les différentes communautés a empêché la tenue des élections. Dans Al-Anbar (ouest) et Ninive (nord), deux provinces majoritairement sunnites, le scrutin a été reporté en raison de l’instabilité.

Bien qu’il s’agisse d’élections provinciales, ce scrutin est important dans le système fédéral iraqien. Les assemblées provinciales sont chargées de désigner le gouverneur qui a la haute main sur l’administration provinciale et les finances. Pourtant, durant la campagne, les candidats ne se sont pas saisis des thèmes chers aux électeurs que sont la lutte contre la corruption et les déficiences des services publics. Et, comme c’est la règle en Iraq, les liens religieux, communautaires ou tribaux devaient plus peser dans le choix des électeurs que le programme mis en avant par les candidats.

Par ailleurs, en attendant les élections générales devant être organisées en 2014, les résultats de ce scrutin, qui ne sont pas attendus avant le début du mois de mai, donneront, selon des analystes, une indication sur la popularité d’Al-Maliki, en conflit avec ses partenaires de coalition et la minorité sunnite. Car Al-Maliki se trouve aujourd’hui à la fois isolé et fragilisé. Ses anciens alliés sunnites et kurdes lui ont, pour la plupart, tourné le dos, l’accusant d’abus de pouvoir et d’autoritarisme.

Et, comme l’a déclaré Martin Kobler, chef de la mission de l’Onu en Iraq, les élections ne peuvent pas résoudre tous les problèmes de l’Iraq, « mais les problèmes ne pourront pas être résolus sans élections ».

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