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Syrie : Le long chemin de la paix

Inès Eissa avec agences, Vendredi, 31 mars 2017

Les pourparlers intersyriens ont repris cette semaine à Genève, dans un contexte toujours aussi délicat.

Syrie : Le long chemin de la paix
Les négociations de Genève sont toujours aussi ardues. (Photo : Reuters)

Le 5e round des négociations de Genève entre l’opposition et le régime syrien a repris vendredi 24 mars. Avec toujours l’espoir de l’émissaire de l’Onu, Staffan de Mistura, de rassembler les protagonistes autour des points de convergence. Ce dernier veut en effet éviter à l’heure actuelle les sujets de divergence majeure, comme celui qui porte sur le départ du président Bachar Al-Assad, et être axé sur les questions concrètes qui peuvent faire l’objet d’un certain consensus.

Cela dit, l’envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie a déclaré vendredi que tous les volets de la crise syrienne seraient discutés au cours des négociations qui se sont ouvertes à Genève, mais a averti qu’il ne fallait pas s’attendre à « des miracles ». Lors d’une conférence de presse au Palais des nations, siège de l’Onu, Staffan de Mistura a indiqué que ses entretiens avec les délégations du gouvernement et de l’opposition avaient permis « d’entrer dans le vif du sujet ». Les belligérants ont accepté le principe de quatre volets de discussions pour ce cinquième round de pourparlers : la gouvernance (terme flou pour évoquer une transition politique), une nouvelle Constitution, la tenue d’élections et la lutte contre le terrorisme. Le chef de la délégation gouvernementale syrienne, Bachar Al-Jaafari, a de son côté demandé au médiateur de discuter en priorité du volet « sécurité et lutte contre le terrorisme », en raison des récentes attaques de rebelles en Syrie. « En pratique, nous pouvons commencer par n’importe lequel de ces quatre volets, ce qui ne veut pas dire que nous allons négliger les autres », a expliqué M. Jaafari, ajoutant : « L’envoyé spécial (de l’Onu) a compris notre position (...) Quiconque conteste cette approche révélera qu’il soutient tout bonnement le terrorisme ».

Le volet le plus épineux

De son côté, la délégation du Haut Comité des Négociations (HCN), qui rassemble des groupes-clés de l’opposition, dont des groupes armés impliqués dans l’offensive à l’est de Damas, a souhaité aborder en priorité le volet de la transition politique et notamment discuter du départ du président syrien, Bachar Al-Assad. « La Syrie ne sera pas délivrée du terrorisme, à moins qu’elle ne se débarrasse du terrorisme d’Etat du régime de Bachar Al-Assad », a affirmé Nasr Al-Hariri devant les journalistes. Interrogé sur ce désaccord alors que les discussions viennent à peine de commencer, le médiateur a tenu à relativiser. « Nous avons donné la possibilité à chaque délégation de choisir un volet », a souligné M. De Mistura. « Mais tous les volets devront être abordés ». Il a expliqué que le fait que les délégations ne se parlent pas directement permet justement de pouvoir aborder des thèmes différents. « C’est le grand avantage des discussions de proximité », a-t-il dit.

Mais le médiateur a tenu, comme lors du round précédent, à prêcher la « prudence » sur les résultats de cette rencontre. « Nous ne nous attendons ni à des miracles, ni à des percées, ni à des ruptures », a-t-il répété. M. de Mistura vient d’effectuer une tournée en Arabie saoudite, en Russie, en Turquie, et à Amman aussi pour rencontrer les participants au sommet de la Ligue arabe. L’opposition reproche au régime syrien de mettre en avant la lutte contre le terrorisme afin d’éviter d’aborder le sujet épineux de la transition politique et du départ du président Assad. Le gouvernement est de son côté prêt à envisager des élections, mais exclut de discuter de l’avenir du chef de l’Etat syrien.

Malgré ces divergences, une bonne partie des observateurs politiques pensent qu’à présent les rapports de force entre le régime et l’opposition sont propices à un assouplissement des positions de l’opposition exprimé à Genève. « Après l’implication militaire américaine qui devient plus sérieuse en Syrie, la scène militaire se complique. Il est peu commun d’avoir les forces américaines et russes sur le même front de guerre », analyse un diplomate qui a requis l’anonymat. Selon lui, cette situation inédite devrait accélérer le processus politique.

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