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Syrie : Une minie-chance pour la diplomatie

Inès Eissa avec agences, Vendredi, 13 janvier 2017

Le trio russo-irano-turc semble bien motivé à déployer les efforts nécessaires au succès du processus de paix en Syrie, malgré la fragilité de la trêve en cours.

Bien que l’accord de cessez-le-feu en Syrie, conclu entre la Russie, l’Iran et la Turquie paraisse encore fragile, voire sur le point de voler en éclats, les Russes continuent d’oeuvrer pour passer à l’étape suivante en incitant les parties concernées à se rendre à Astana au Kazakhstan pour entamer des négociations politiques parrainés par la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien de la rébellion.

Mais les doutes persistent encore sur la tenue de ces pourparlers, cencés avoir lieu le 23 janvier, notamment après que l’opposition eut clairement affiché son intention de ne pas s’y rendre, en raison des violations continues de la trêve de la part des forces du régime du président syrien, Bachar Al-Assad, notamment à Wadi Barada et Ain-Al-Fijeh, à une quinzaine de kilomètres de la capitale.

Le président syrien s’est en revanche déclaré dimanche dernier « optimiste » sur les négociations prévues fin janvier, en affirmant être prêt à négocier avec une centaine de groupes rebelles. Thierry Mariani, un député français qui a rencontré Al-Assad en Syrie, a indiqué à l’AFP que le chef de l’Etat syrien a déclaré « compter beaucoup » sur la réunion d’Astana. Il a précisé être « prêt à discuter » avec 91 groupes rebelles, en excluant le groupe djihadiste Etat Islamique (EI) et Fateh Al-Cham, ancienne branche syrienne d’Al-Qaëda. « Je suis optimiste. Je suis prêt à une réconciliation avec eux, à condition qu’ils déposent les armes », a dit M. Al-Assad, cité par M. Mariani.

Toutefois, Bachar Al-Assad s’est dit déterminé à libérer « chaque centimètre carré » de son pays, en se targuant d’avoir « légitimité » et « soutien populaire » pour mener à bien cet objectif, dans un entretien diffusé lundi dans plusieurs médias français. Le président syrien a aussi affirmé que son régime était « sur le chemin de la victoire », après la reconquête d’Alep, la deuxième ville syrienne, reprise par le régime fin décembre, après des mois de siège et de bombardements aériens.

C’est justement la reprise d’Alep due notamment au rôle russe qui a changé la donne. Cela dit, il est encore trop tôt pour dire si les efforts conjoints de la Russie, la Turquie et l’Iran donneront des résultats concrets à Astana. En effet, « bien que tout le monde s’accorde sur l’impossibilité de résoudre la guerre en Syrie par les moyens militaires, les rapports de force sur le terrain depuis le début de la guerre n’ont jamais été assez mûrs pour favoriser des négociations diplomatiques sérieuses », explique un diplomate qui a requis l’anonymat. Selon lui, les choses ont quelque peu changé aujourd’hui, suite au succès remporté par l’armée syrienne. « Cela devrait vraisemblablement permettre un lancement d’un processus politique sérieux au pays », dit-il.

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