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Iraq : Bataille de Mossoul, phase II

Maha Salem avec agences, Vendredi, 13 janvier 2017

Après une certaine pause, la bataille pour récupérer la ville de Mossoul des mains de l'EI a recommencé. Mais face à une résistance acharnée des djihadistes, la reprise de la ville prendra sans doute plus de temps qu'initialement prévu.

Iraq : Bataille de Mossoul, phase II
Les différentes forces doivent s'allier pour la bataille de Mossoul.

Dès les premiers jours de 2017, l’armée iraqienne, soutenue par une coalition internationale commandée par les Etats-Unis, a repris son offensive contre l’organisation Etat Islamique (EI) à Mossoul. L’objectif de cette seconde phase de l’attaque contre la « capitale » de l’EI en Iraq est d’achever la conquête des quartiers orientaux de Mossoul et d’arriver jusqu’aux berges du Tigre. Les forces iraqiennes ont annoncé qu’elles se rapprochaient du fleuve Tigre, qui traverse le centre de la ville. Selon Sabah Al-Noeman, porte-parole des Forces d’élite du contre-terrorisme (CTS), ces forces taverseront le fleuve d’ici à la fin du mois. Or, depuis le début de l’offensive, ce genre d’échéance est souvent reporté. En effet, lorsqu’elle a été lancée le 17 octobre dernier, il avait été déclaré que cette vaste opération pour chasser l’EI de la deuxième ville d’Iraq, sous les mains des djihadistes depuis deux ans et demi, s’achèverait avant la fin 2016. Mais il s’est avéré que la tâche est plus dure que prévu. L’offensive devrait finir dans six mois, a récemment déclaré le premier ministre iraqien, Haïdar Al-Abadi, qui a prédit que le groupe djihadiste serait chassé d’Iraq d’ici avril prochain. L’offensive a connu soixante-cinq jours de rudes combats puis une période d’accalmie de deux semaines décrite par Bagdad comme une « pause opérationnelle ». L’état-major a décidé, face à la résistance déterminée des combattants djihadistes, de revoir ses plans de bataille et d’amener des renforts.

En fait, la bataille de Mossoul est décisive non seulement pour l’Iraq, mais aussi pour toute la région. « Si les forces iraqiennes et leurs alliés arrivent à reprendre cette ville, cela marquera le début de la fin de l’EI. Mais en attendant, les djihadistes de l’EI combattent de toutes leurs forces car ils croient en un seul principe : la victoire ou le martyre. Ils n’ont pas d’autre choix, pour eux, le mot défaite n’existe pas. Et c’est pour cela que la bataille est difficile et que les combats sont acharnés », explique Dr Mohamad Gomaa, analyste au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram au Caire.

En effet, même si les forces iraqiennes ont repris plusieurs quartiers dans l’est de la ville, sur la rive gauche du Tigre mais l’ouest de la cité, l’autre côté du fleuve est plus densément peuplé et reste, lui, totalement aux mains des djihadistes. Les forces du contre-terrorisme, en première ligne dans la bataille contre l’EI, se sont alliées aux Forces d’intervention rapide du ministère de l’Intérieur. « Il y a eu plusieurs accords tacites, chaque jour, on découvre une nouvelle alliance entre une telle force armée et une autre. Et chacune a ses intérêts et veut profiter de la situation. Chacune veut marquer sa participation pour obtenir des avantages après la fin de la guerre », explique Dr Gomaa.

En effet, l’armée iraqienne est aidée, conseillée et soutenue par la coalition internationale, mais d’autres forces sont en jeu, pour la reprise de la ville de Mossoul. Dans cette région ethniquement mixte mais à majorité sunnite, les Peshmergas sont situés au nord et à l’est. Les milices chiites, alliées des forces iraqiennes, sont à l’ouest et au sud et comptent environ 140 000 hommes. Initialement, les Peshmergas kurdes ont conquis des villages et campagnes au nord-est de Mossoul. Puis les forces spéciales du Service de contre-terrorisme iraqien (CTS), connu sous le nom de « Golden Division » (division d’or), une unité d’élite formée par les Etats-Unis, ont rapidement conquis une première moitié de Mossoul-Est.

Nouvelle coalition ?

De même, l’Iraq évoque les termes de la victoire sur l’Etat islamique sur fond de l’idée de la Russie de créer une nouvelle coalition multinationale pour renforcer la lutte antiterroriste au Proche-Orient. Selon Abadi, il a déclaré que l’objectif formulé par Bagdad serait d’autant plus réalisable si l’idée formulée par Moscou, selon laquelle seule une lutte conjointe et multipartite peut assurer la victoire finale sur le terrorisme au Proche-Orient, était appliquée. Ce principe est notamment basé sur l’expérience peu efficace de la coalition anti-Daech, dirigée par Washington. De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, prône toujours la création d’un front antiterroriste conjoint avec toutes les parties concernées, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Iraq, la Turquie, l’Iran et les pays membres de l’Union européenne qui ont envoyé des troupes en Iraq dans le cadre de la coalition anti-Daech contre toutes sortes de groupements terroristes déployés au Proche-Orient. Une idée soutenue et approuvée par Bagdad. Pour le leader russe, les extrémistes représentent une menace pour toute l’Europe, notamment pour les pays membres de l’UE, c’est pourquoi les efforts de la nouvelle coalition antiterroriste au Proche-Orient doivent revêtir un caractère uni et efficace.

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