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Yémen : vers une reprise des négociations

Maha Salem avec agences, Lundi, 29 août 2016

Une nouvelle initiative de paix lancée par le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, est acceptée par les deux camps yéménites rivaux.

Sous la pression de la communauté interna­tionale, le gouvernement yéménite exilé en Arabie saoudite a donné son accord de principe à l’initiative de paix du secrétaire d’Etat amé­ricain, John Kerry. Ce dernier a présenté un nouveau plan de paix et a mené des pourparlers avec toutes les parties en conflit.

Ce plan vise à reprendre les négociations de paix avec les rebelles houthis sur la base de la formation d’un gouvernement d’union natio­nale. Le gouvernement yéménite a annoncé son acceptation, les rebelles ont eux aussi affirmé avoir discuté de la mise en place d’un gouvernement, assurant qu’ils répondraient positivement à toute démarche visant à mettre fin au conflit. Lors d’une réunion de leur « Conseil supérieur » récemment créé dans la capitale yéménite, les rebelles demandaient la constitution d’un tel gouvernement comme un premier pas pour résoudre le conflit. Ils ont annoncé avoir déjà discuté des démarches nécessaires pour la mise en place d’un gou­vernement dans les délais les plus brefs.

Le Conseil des ministres yéménite a aussi donné son accord de principe aux idées de la réunion de Djeddah à laquelle avait participé M. Kerry. L’initiative annoncée par M. Kerry prévoit une participation des rebelles chiites houthis, accusés d’être soutenus par l’Iran, à un gouvernement d’union nationale contre leur retrait de la capitale Sanaa et de larges zones du nord du Yémen et la remise des armes lourdes à une tierce partie.

Selon les analystes, c’est un pas en avant. « Pour la première fois les deux camps pré­sentent des concessions. Avant, le gouverne­ment refusait toutes les solutions avant un retrait des Houthis de la capitale Sanaa. Et, à leur tour, les rebelles s’accrochant aux positions qu’ils occupaient », explique Eman Ragab, analyste au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

Lors des précédentes négociations de paix, le gouvernement a toujours insisté sur un retrait préalable des rebelles des zones qu’ils occupent avant d’élaborer un plan de paix, comme le prévoit la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’Onu.

Cette nouvelle initiative américaine inter­vient à un moment où les deux parties du conflit subissent des pressions de la part de la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont décidé vendredi de réduire le nombre de leurs conseillers mili­taires auprès de la coalition arabe intervenant au Yémen. Le lieutenant Ian McConnaughey, porte-parole de la Ve Flotte américaine basée à Bahreïn, a indiqué à l’AFP que cette réduc­tion, intervenue en juin, s’expliquait par une demande saoudienne de réduire l’assistance américaine. L’Arabie saoudite commande la coalition arabe anti-Houthis.

Accusant l’Iran de chercher à déstabiliser la région à travers le soutien des rebelles houthis du Yémen, Riyad avait monté en mars 2015 une coalition militaire pour soutenir le président Abd-Rabbo Mansour Hadi, chassé de Sanaa quelques mois plus tôt. Mais depuis cette offen­sive, l’Arabie saoudite fait face à des critiques de la part des défenseurs des droits de l’Homme en raison du nombre élevé de civils tués dans le conflit.

Un porte-parole du Pentagone a répété que les Etats-Unis avaient toujours souligné dans les discussions avec les Saoudiens « le besoin de minimiser les pertes civiles » et « l’importance de l’arrêt des hostilités et de la relance des négociations pour une solution globale du conflit ».

Plus récemment, la coalition arabe a été accu­sée d’avoir visé une école et un hôpital dans des zones rebelles. Après une vague de raids aériens, la coalition arabe a envoyé des troupes au sol qui ont aidé les forces du président Hadi à reprendre plusieurs régions du sud du Yémen. La coalition assure utiliser des bombes de préci­sion, fournies notamment par les Etats-Unis, pour éviter les pertes civiles.

Les raids de la coalition se sont intensifiés depuis le 9 août dernier, après l’échec de négo­ciations de paix qui se déroulaient depuis trois mois au Koweït sous l’égide de l’Onu. En repré­sailles, les rebelles ont multiplié les tirs de roquettes sur les zones frontalières saoudiennes. Les ambassadeurs de 18 pays, dont les puis­sances occidentales, qui suivent les négociations de paix, ont appelé samedi dans un communi­qué les belligérants à cesser les combats, tout en dénonçant « l’initiative unilatérale » des rebelles de former un conseil supérieur pour gouverner le Yémen. Faisant la sourde oreille, ce conseil a commencé la gestion des institu­tions de l’Etat. Une démarche qui a poussé la communauté internationale à exercer des pres­sions sur les deux camps pour reprendre les négociations.

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