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Petite défaite de l’EI en Iraq

Maha Salem avec agences, Jeudi, 19 novembre 2015

Les Peshmergas ont repris la ville stratégique de Sinjar au nord de l'Iraq. Un pas vers une éventuelle libération de Mossoul.

Après plusieurs jours de combats acharnés, les forces kurdes iraqiennes, soutenues par des bombardements aériens de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, ont annoncé la reprise de la ville de Sinjar, occupée par l’Etat Islamique (EI) depuis août 2014.

La prise de Sinjar coupe ainsi une route de communication stratégique utilisée par les djihadistes entre l’Iraq et la Syrie voisine. Ce qui représente un coup majeur porté à l’EI. La reprise de Sinjar représenterait également une importante victoire symbolique : les djihadistes s’y sont livrés en août 2014 à de multiples exactions contre sa population yazidie, des kurdophones.

« C’est sans doute une victoire importante, vu que Sinjar a été occupée pendant une longue période par les djihadistes. C’était d’ailleurs la deuxième ville à tomber dans leurs mains après Mossoul. De plus, ils y avaient établi une sorte d’Etat, en imposant des impôts, promulguant des lois, contrôlant les institutions, etc. », explique Dr Rabha Allam, analyste au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

Autre importance de cette ville : elle est située sur les frontières syro-iraqiennes. Selon le colonel américain Steve Warren, porte-parole de la coalition, « en prenant Sinjar, nous serons en mesure de couper cette ligne de communication, ce qui, nous croyons, affectera la capacité (de l’EI) à se réapprovisionner ». En ajoutant que c’est une première étape cruciale dans l’éventuelle libération de Mossoul.

Mais la libération de cette ville par les forces kurdes pose un important problème : « Sinjar a été libérée par le sang des Peshmergas et fait désormais partie du Kurdistan », a déclaré le dirigeant de la région autonome du Kurdistan iraqien (nord), Massoud Barzani, dont les déclarations risquent de provoquer l’irritation du pouvoir central à Bagdad.

Sa libération rappelle aussi que l’offensive fulgurante de l’EI en juin 2014 au nord de Bagdad avait vu la fuite des forces fédérales iraqiennes.

Ce qui avait profité aux Kurdes, qui avaient alors pris le contrôle de certaines zones disputées avec le pouvoir central iraqien. « Officiellement, Sinjar est hors de la région du Kurdistan. Si les Kurdes insistent sur le fait d'en prendre le contrôle, et celui des villes voisines qu’ils ont déjà libérées, une autre guerre planera sur l’Iraq », avertit Dr Rabha Allam.

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