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Daech frappe au Liban

Maha Salem avec agences, Jeudi, 19 novembre 2015

Un fief du Hezbollah à Beyrouth a été la cible d'une attaque revendiquée par l'EI. De quoi rappeler que le Liban reste profondément divisé sur le conflit en Syrie.

Daech frappe au Liban

Le liban observait vendredi dernier une journée de deuil au lendemain d’un double attentat contre un fief du Hezbollah chiite au sud de Beyrouth, revendiqué par le groupe djihadiste Etat Islamique (EI). Considérées comme les plus meurtrières depuis la fin de la guerre civile (44 morts et plus de 200 blessés), les attaques risquent d’avoir de graves répercussions car elles impliquent deux organisations qui se font la guerre en Syrie voisine. L’EI avait pour la première fois revendiqué en janvier 2014 un attentat contre un fief du Hezbollah, qui avait fait 4 morts, mais l’attaque de jeudi dernier est la plus sanglante contre un fief du mouvement chiite depuis son implication début 2013 dans le conflit syrien.

Déjà, entre juillet 2013 et février 2014, 9 attaques ont été menées contre les fiefs du Hezbollah ou des régions fidèles à ce mouvement, la plupart revendiquées par des groupes extrémistes sunnites.

S’il s’agit d’un acte de vengeance contre le Hezbollah qui combat au côté du régime de Bachar Al-Assad, cela risque surtout d’attiser les tensions confessionnelles au Liban, un pays où une simple étincelle peut provoquer le pire.

D’autant plus que le Hezbollah ne compte pas se désengager de la Syrie. Récemment, son chef, Hassan Nasrallah, avait déclaré que la présence du Hezbollah en Syrie « est plus importante que jamais, qualitativement, quantitativement et en matière d’équipement ». « Sans la persévérance au sol face à Daech et ses alliés, qu’en serait-il de la région aujourd’hui, en Iraq, en Syrie et au Liban ? », avait-il lancé.

Un jeu à haut risque. « En frappant à l’intérieur du Liban, Daech tente de déstabiliser la scène intérieure libanaise et tirer profit des divergences interlibanaises », explique Dr Mohamad Gomaa, analyste au CEPS.

Et d’ajouter : « C’est la stratégie de l’EI. Exploiter les conflits confessionnels et communautaires pour affaiblir les pays voisins. Pénétrer au sein de la société pour alimenter les divergences. L’EI veut embarrasser le Liban. Suite à l’attaque de février dernier dans un quartier chiite proche de l’ambassade iranienne, le gouvernement avait renforcé les mesures sécuritaires. L’EI veut ainsi prouver que les institutions sécuritaires libanaises sont pénétrées et incapables d’établir la sécurité dans le pays ».

L’EI veut aussi et surtout montrer au monde qu’il est présent partout et capable de frapper partout.

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