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Les journalistes peinent à renouveler leur syndicat

May Atta, Mardi, 03 mars 2015

Les élections du syndicat des Journalistes ont été suspendues par le tribunal administratif du Conseil d'Etat. Un rebondissement qui traduit une guerre intestine que se livrent les syndicalistes.

Le Conseil d’Etat a décidé dimanche la sus­pension des élections du syndicat des Journalistes qui étaient prévues le 6 mars. Ces élections concernaient la présidence du syndi­cat et le renouvellement partiel de son conseil, soit six des douze membres.

Cette décision est intervenue suite à un recours présenté par un journaliste contestant la constitutionnalité de ces élections. Le plai­gnant revendique la tenue d’élections sur la totalité des sièges du conseil, en plus de la présidence du syndicat. Le tribunal lui a donné raison.

Or, la loi du syndicat prévoit la tenue, tous les deux ans, d’une élection partielle pour élire la moitié des membres du conseil et le prési­dent du syndicat. Ce dernier ayant un mandat de deux ans renouvelable une fois, alors que les membres du conseil siègent pour quatre ans.

Se référant à cette loi, des membres du syn­dicat ont contesté, lundi, cette décision. Le verdict final n’a pas été rendu jusqu’à l’im­pression de l’Hebdo.

« Le verdict n’a aucun lien avec la loi du syndicat. Celle-ci prévoit des élections par­tielles du conseil, point barre », commente Yehia Qallach, candidat à la présidence du syndicat.

En fait, la seule dérogation à ce système a eu lieu en 2011, dans un contexte assez particu­lier, du fait d’un amendement de la loi du syndicat. Les élections cette année-là ont impliqué la totalité des membres du conseil.

Qallach ajoute : « Il se peut qu’un renouvel­lement total du syndicat soit recommandable après une période d’instabilité. Pour nous, il n’existe pas de grande différence entre un renouvellement total et un autre partiel. Cela dit, je trouve dangereux de bafouer la loi du syndicat. C’est tout l’avenir de notre Syndicat qui est en jeu. Nous ne voulons pas risquer des scénarios pareils à ceux qui ont mené à l’im­plosion d’autres syndicats sous l’ancien prési­dent Hosni Moubarak ».

Alaa Al-Attar, rédacteur en chef de l’hebdo­madaire politique Al-Ahram Al-Arabi, estime pour sa part que ceux, qui voient de bon oeil la décision du Conseil d’Etat aspirent à un nou­veau conseil qu’ils peuvent dominer grâce à une majorité qu’ils pensent pouvoir s’assurer.

En effet, à l’annonce du verdict, Abdel-Mohsen Salama, journaliste à Al-Ahram et syndicaliste connu, a affiché son intention de disputer les élections pour le poste du président du syndicat. « Je refusais de me porter candi­dat pour ne pas avoir à travailler avec un conseil au bilan très négatif ». La décision du tribunal qui prévoit un changement total du conseil lui a fait changer d’avis.

Le scénario d’un conseil, faisant peau neuve, semble toutefois peu probable. « La décision du tribunal est absolument contraire à la loi du syndicat et je suis sûr qu’elle sera annulée par la Haute Cour administrative », prévoit l’édi­torialiste Abdallah Al-Sennawy, traduisant l’avis d’une majorité de syndicalistes.

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