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L’ombre de Gaza

Najet Belhatem, Lundi, 19 novembre 2012

Quelques articles de la presse égyptienne résument l’impact de l’agression israélienne contre Gaza sur la politique étrangère et interne de la direction du président Morsi.

« Nous devons nous préparer à la détérioration de la situation à Gaza pour une longue période, la violence et la destruction vont augmenter. Et comme l’Egypte est la plus proche des feux de Gaza, elle est la première concernée par les opérations assassines israéliennes. Le problème est que ce qui se passe à Gaza est compliqué d’une manière qui dépasse les conflits habituels. Le premier élément de complexité c’est la multiplication des organisations et l’incapacité de les administrer et de les contrôler par l’organisation centrale à Gaza. Et le dernier exemple de cette incapacité c’est la rupture de l’accord sécuritaire égypto-israélien de cessez-le-feu des deux parts pendant la visite du chef du gouvernement égyptien, Hicham Qandil, à Gaza. Nous sommes devant une crise où il n’y a pas de partie principale à Gaza capable de maîtriser l’escalade. La deuxième problématique c’est la multiplication des parties qui financent les organisation à Gaza à commencer par l’Iran et le Qatar en passant par des forces inconnues. La multiplication des sources de financement aboutit à la multiplication des centres de prise de décision. Quant à la troisième problématique c’est la dualité de l’autorité à Gaza et à Ramallah. Nous avons jusqu’à présent deux volontés contradictoires de négociation. A Gaza, on croit que la Palestine s’étend de la mer au fleuve et qu’elle ne peut être récupérer que par le fusil. Alors qu’à Ramallah, on estime que l’Histoire est contre la géographie et qu’il n’y a d’issue que la négociation sur ce qui reste de la Palestine. La crise de la résistance est qu’elle est incapable de trancher le conflit avec les Israéliens et la crise de la négociation est qu’elle est incapable de changer la réalité sur la table des négociations. Une situation complexe héritée par l’Egypte à l’ombre de la pire des coalitions dans l’histoire d’Israël », analyse Emad Adib dans le quotidien Al-Watan.

Dans le quotidien Al-Shorouk, Fahmi Howeidi écrit : « Le chef du gouvernement israélien mérite des remerciements qu’il n’a pas attendus malgré les objectifs diaboliques qu’il a voulu réaliser en s’attaquant à Gaza. Celui qui suit les développements dans la région arabe doit remarquer que les révolutions du Printemps depuis le début de l’année dernière ont volé les regards sur la cause palestinienne, ce qui l’a transformée dans les médias en une information de seconde zone. On préférait parler du danger iranien ou de la crise en Syrie. L’attaque sauvage contre Gaza a replacé la cause palestinienne au devant de la scène et a rappelé à tous que le vrai ennemi et le vrai danger c’est Israël avant tout. En parallèle, nous remarquons que la direction égyptienne a veillé, depuis l’accession du président Morsi au pouvoir, à traiter avec prudence avec les Israéliens, mais l’attaque a poussé la direction égyptienne à prendre une position plus ferme.
Si Israël voulait tâter le pouls de l’Egypte, cela ne marcherait pas, et la direction égyptienne a laissé tomber sa prudence. L’autre point est que les attaques israéliennes ont poussé le gouvernement égyptien à briser l’embargo sur la bande de gaza et cela s’est traduit par l’ouverture du terminal de Rafah. Un autre point est que la réponse palestinienne aux attaques a montré la capacité des organisations de la résistance, ce qui peut être un tournant dans le conflit. Il y a du nouveau dans cette capacité que l’on doit prendre en considération ».
Dans le quotidien Al-Ahram, l’auteur Hazem Abdel-Rahmane a une autre analyse de la position égyptienne. Il écrit : « Le seul mérite du rappel de l’ambassadeur égyptien en Israël est que l’Egypte va recevoir du Hamas l’extradition de quelques éléments terroristes qui se trouvent à Gaza et la remise de listes des plus importants éléments se trouvant dans le Sinaï. Rappelons que le peuple égyptien n’a pas élu le président Morsi pour la cause palestinienne, mais pour réaliser les objectifs de la révolution qui sont le pain, la liberté et la justice sociale. Le président Morsi est encerclé par une grave crise économique, une turbulence sociale aiguë et une détérioration de la popularité de son Parti Liberté et justice, mais la sortie de cette crise ne se fera pas par la recherche d’une échappatoire sur la scène de la politique étrangère qui est bloquée, alors que ses acteurs sont démentiels, à commencer par le Hamas en passant par la Syrie, le Hezbollah et l’Iran ».
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