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A la recherche de la vérité

May Atta, Lundi, 13 janvier 2014

La commission d'établissement des faits chargée d'enquêter sur les événements du 30 juin 2013 vient d'entamer son travail. Elle doit rendre son rapport final dans 6 mois.

a la recherche
La commission d'enquête est la troisième depuis la révolution du 25 janvier 2011.

Le président Adly Mansour a décidé, la semaine dernière, de réformer la commission d’enquête chargée de récolter des preuves sur les événements du 30 juin. Cette commission avait été fondée le 22 décembre dernier. Le vice-président de la commission, l’ancien diplomate Abdel-Raouf Al-Ridi, a démissionné de la commission, ce qui a forcé le président de la République à nommer Fatma Khafagui, du Conseil national de la femme, à sa place. Le ministère des Finances a adopté cette semaine un budget de 300 000 L.E. pour la commission.

La commission a commencé son travail en constituant 10 dossiers différents. Fouad Abdel-Moneim Riad, président de la commission, explique : « Nous avons 10 dossiers de travail incluant le sit-in de Rabea Al-Adawiya, celui d’Al-Nahda, les événements qui se sont déroulés devant la Garde républicaine, les manifestations dans les universités, les églises brûlées après le 30 juin, les incitations au meurtre de certaines personnalités et les événements dans le Sinaï. Nous avons commencé le travail sans nous baser sur d’anciennes informations. Notre commission est indépendante et n’est pas gouvernementale, et nous pouvons utiliser les informations officielles pour collecter les détails des événements et non pas comme référence ».

La commission est formée de juges et de membres du Parquet administratif. Il existe 10 groupes de travail, chacun travaillera sur un dossier. Chaque groupe doit présenter un rapport hebdomadaire sur le travail achevé. Ce rapport doit contenir les témoignages recueillis, parce que le travail de la commission sera basé sur des témoignages. Le conseiller Omar Marawan, porte-parole de la commission, affirme que ses membres préparent un projet de loi dont le but est de protéger les témoins qui ont des informations autour de ces événements, et la loi sera présentée prochainement au Conseil des ministres. La commission attendra la promulgation de la loi par le président de la République, afin de commencer le travail sur le terrain. Riad ajoute : « Chaque groupe se rendra sur le terrain où l’événement a eu lieu et essaiera de faire des investigations avec des témoignages. On demandera même le témoignage de l’ancien président Mohamad Morsi si c’est nécessaire. Nous demanderons aussi des informations aux différents ministères, comme le ministère de l’Intérieur, le département des prisons et autres. Ensuite, nous comparerons nos informations à celles publiées dans les médias, pour connaître la réalité. Dans 6 mois, la commission présentera un rapport complet au président de la République, que ce soit Adly Mansour ou le président élu, pour ouvrir les investigations de nouveau s’il existe de nouvelles informations ».

Riad avait été choisi par les Nations-Unies pour être juge à la Cour pénale internationale. Cette commission est la troisième depuis la révolution du 25 janvier. La première avait été formée par le Conseil suprême des forces armées pour enquêter sur la mort d’un millier de manifestants durant la révolution du 25 janvier 2011. La commission a présenté son rapport final en avril 2011. Peu de temps après son élection en juin 2012, Mohamad Morsi avait formé une commission chargée d’enquêter sur l’implication d’officiers dans le meurtre des manifestants le 25 janvier 2011. Cette commission n’a pas travaillé sur les événements qui ont eu lieu sous la présidence du Conseil suprême des forces armées, comme les manifestations de la rue Mohamad Mahmoud et ceux du Conseil des ministres en novembre 2012. La troisième commission est celle formée en décembre dernier.

La question qui se pose cependant est le degré d’indépendance de cette commission. Hafez Abou-Seada, président de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, affirme : « Ce genre de commission est très important, mais si le gouvernement garantit son indépendance et si son rapport ne finit pas dans un tiroir comme ce fut le cas sous Mohamad Morsi ». Et d’ajouter : « Nous voulons un travail sérieux, car le peuple égyptien veut une explication sur le meurtre des 700 victimes du sit-in de Rabea Al-Adawiya et d’Al-Nahda. Il veut savoir si la police avait le droit de tuer tout ce nombre. En outre, on a besoin de savoir qui étaient derrière l’incinération des églises et s’ils sont des Frères musulmans ou non. Dans le Sinaï, certains journaux ont publié que des maisons appartenant à des civils et non pas à des terroristes ont été démolies. Tout le monde veut des réponses à ces questions ».

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