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Chafiq blanchi par la justice

May Atta, Mardi, 24 décembre 2013

L'ancien premier ministre de Moubarak, Ahmad Chafiq, a été acquitté cette semaine dans le procès du terrain vendu aux fils de l'ex-raïs. Son retour sur la scène politique est une possibilité.

Chafiq

La justice a acquitté, le jeudi 19 décembre, le dernier premier ministre de Hosni Moubarak et ancien candidat à l’élection prési­dentielle, Ahmad Chafiq, accusé dans une affaire de corruption. Chafiq était accusé d’avoir vendu un terrain de 40 000 hectares, propriété de l’Association des pilotes égyp­tiens dont il était le président, aux fils de Moubarak, Gamal et Alaa Moubarak. Gamal et Alaa ont égale­ment été acquittés dans le même procès, mais restent sous le coup d’autres accusations.

Ahmad Chafiq avait quitté l’Egypte le 26 juin 2012 pour les Emirats arabes unis, après avoir été battu à l’élection présidentielle par le candidat des Frères musulmans Mohamad Morsi, et après que plu­sieurs actions en justice eurent été intentées contre lui. Il figurait sur la liste des personnes recherchées.

L’acquittement de Chafiq ouvre la voie à un éventuel retour sur la scène politique de l’ancien premier ministre. Yéhia Qadri, représentant légal de Chafiq, a annoncé que celui-ci reviendra en Egypte pro­chainement. « Chafiq ne sera pas candidat à l’élection présidentielle si le général Abdel-Fattah Al-Sissi décide de s’y présenter. Mais il peut se présenter à la présidentielle si Al-Sissi n’y participe pas », dit-il.

Pour certains, un éventuel retour de Chafiq et sa participation à la vie politique est un signe négatif qui tend à confirmer le retour de l’an­cien régime. C’est notamment l’avis de Rabab Al-Mahdi, professeur de sciences politiques à l’Université américaine du Caire. « Le retour de Chafiq est le signal qu’il y a une restauration du régime de Moubarak. On entend dire que Sami Anan, ancien vice-président du Conseil suprême des forces armées, se présentera également à la prési­dentielle. Cet homme avait déféré 11 000 civils parmi les révolution­naires de février 2011 à juin 2012 devant des tribunaux militaires. La police a arrêté dernièrement plu­sieurs figures emblématiques de la révolution du 25 janvier et les a déférées devant les tribunaux sans raisons objectives. L’Etat a promul­gué une loi qui organise les mani­festations, afin de les limiter. Tout cela nous donne l’impression que l’ancien régime revient », explique Al-Mahdi. Ahmad Chafiq est l’une des figures du régime de Moubarak. Il a occupé le poste de commande­ment en chef de l’armée de l’air de 1996 à 2002. Hosni Moubarak lui avait ensuite attribué le poste de ministre de l’Aviation civile, qu’il a occupé jusqu’en 2011. Ses activités en 2002, alors qu’il occupait la pré­sidence d’une association de pilotes en parallèle à son poste de ministre, ont suscité les interrogations au sein de la justice. Certains n’interprètent pas nécessairement son éventuel retour sur la scène comme un signal négatif. C’est l’avis de Essam Chiha, membre au comité suprême du parti néo-Wafd. « Chafiq a par­faitement le droit de revenir et de participer à la vie politique, puisqu’il n’est ni terroriste, ni tueur. Il appartient au peuple de choisir », conclut Chiha.

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