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La stabilité régionale, une priorité pour l’Egypte

Samar Al-Gamal , Mercredi, 27 septembre 2023

La cause palestinienne, le conflit soudanais et le problème de la dette ont été au coeur de la visite du chef de la diplomatie, Sameh Choukri, à New York. Trois questions qui soulignent l’engagement du Caire en faveur de la stabilité régionale.

La stabilité régionale, une priorité pour l’Egypte
(Photo : AP)

L’Egypte s’est toujours distinguée par son engagement constant en faveur de la stabilité et de la sécurité dans la région. Cet engagement s’est à nouveau reflété lors des récentes réunions du ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à New York dans le cadre de l’Assemblée générale de l’Onu.

La médiation égyptienne dans le conflit israélo-palestinien reste un exemple vivant de cet engagement en faveur d’un règlement équitable et durable de ce conflit régional persistant. Choukri a soulevé la question, notamment lors d’un dialogue avec le Conseil américain des relations étrangères (organe non officiel) et lors d’une réunion avec son homologue israélien, Eli Cohen, jeudi.

Le chef de la diplomatie a également participé à une réunion ministérielle en soutien à l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), soulignant l’engagement continu du Caire envers les droits des réfugiés palestiniens, y compris leur droit au retour, et ce, « jusqu’à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant, viable et territorialement contigu dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ». Choukri a également participé à la réunion de la Commission de liaison (AHLC), organe destiné à coordonner l’aide internationale fournie au peuple palestinien. Il a souligné l’engagement de l’Egypte à soutenir le travail de la Commission, qu’il considère comme « un pilier fondamental des efforts visant à mettre en oeuvre pleinement les Accords d’Oslo », qui célèbrent cette année leur 30e anniversaire.

Choukri a également appelé les autorités israéliennes à éliminer toutes les entraves politiques, sécuritaires et économiques qui affaiblissent les institutions palestiniennes, les exhortant à éviter « les politiques unilatérales qui sapent les efforts de paix ».

Deux jours auparavant, Le Caire avait condamné l’escalade menée par les forces israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Jénine, qui a entraîné le décès de 6 Palestiniens.

Outre la cause palestinienne, le Soudan a été au coeur des entretiens de Choukri à New York. Là aussi, l’implication historique de l’Egypte au Soudan en tant que médiateur témoigne de son engagement inflexible envers ses voisins. Dans le cadre du processus lancé récemment en Egypte par le sommet des pays voisins du Soudan et de la mise en oeuvre de la déclaration de N’Djamena en août, la seconde réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins du Soudan (Egypte, Tchad, Centrafrique, Ethiopie, Erythrée, Libye, Soudan du Sud) s’est tenue à la Mission permanente de l’Egypte auprès des Nations-Unies à New York.

La réunion a passé en revue les efforts des pays voisins du Soudan pour résoudre la crise, leurs contacts avec diverses parties soudanaises, la coordination entre les pays voisins, ainsi que d’autres mécanismes relatifs à la crise au Soudan.

Stabilité économique et sécurité nationale

Ces dossiers traditionnels, entre autres, continueront d’occuper une place prépondérante dans l’agenda de la politique étrangère de l’Egypte. « Le ministre des Affaires étrangères doit traiter plusieurs dossiers complexes. Les équilibres régionaux changent. L’Arabie saoudite joue un rôle majeur dans la formulation de la carte de la région, tout comme l’Iran. La Chine occupe une position différente, la Russie a vu son influence décliner, et l’Union européenne traverse une crise économique », explique l’ancien diplomate et écrivain Gamil Matar.

Selon lui, les organes de la politique étrangère, y compris le ministre lui-même, travaillent sur plusieurs dossiers en même temps et ont une mission de grande envergure à accomplir, avec des tentatives continues de renforcer la présence de l’Egypte dans la région. « L’Egypte reconnaît désormais que la stabilité économique est étroitement liée à sa sécurité nationale et à son influence dans la région. Cette prise de conscience a donné lieu à un changement notable dans les priorités de la politique étrangère, sans pour autant affaiblir son engagement envers les dossiers classiques », explique un autre ancien diplomate parlant sous couvert de l’anonymat.

Avec cet état d’esprit, l’Egypte se forge une nouvelle approche de diplomatie économique qui reconnaît que « la prospérité économique n’est pas seulement une question interne, mais un élément vital de la sécurité régionale », selon les mots de Sameh Choukri. « Il est absolument impératif de restaurer la confiance dans les instruments économiques de l’ordre mondial. C’est nécessaire pour répondre aux aspirations de développement des nations », a ainsi plaidé Choukri à l’Onu.

Le ministre égyptien a estimé qu’il n’y a pas de meilleur moyen de prévenir les conflits que le développement complet et durable. « Il en découle logiquement que nous devons renforcer le rôle des institutions internationales pour soutenir les efforts des pays en développement », a-t-il dit.

Une bonne partie du discours de Choukri, long de 16 minutes, a été consacrée à cet appel à de nouveaux outils de financement innovants et efficaces, et à une refonte de ceux déjà existants, en particulier le FMI. « Les pratiques des banques multilatérales de développement doivent également être réexaminées, en vue d’augmenter le financement, mobiliser de nouvelles sources et garantir un accès accru au financement des pays en développement », a réclamé le ministre.

Parmi les principaux défis économiques figure l’imminente crise de la dette internationale. Pour l’Egypte, cette crise met en péril la stabilité des pays en développement. « Toute crise potentielle de la dette doit être immédiatement et fermement traitée (...) plusieurs aspects de la dette doivent être abordés, notamment l’augmentation du fardeau qu’elle représente, sa structure complexe, le changement dans les modèles de la dette et la nécessité d’augmenter la coopération avec les partenaires en ce qui concerne les échanges de la dette », a conclu Choukri.

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