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Halte au niqab dans les écoles

Nasma Réda , Jeudi, 21 septembre 2023

Le ministère de l’Education a relancé l’interdiction du port du niqab (voile intégral) dans les écoles. Objectif : lutter contre la discrimination et offrir un environnement plus sûr aux élèves. Explications.

Halte au niqab dans les écoles

A quelques jours de la rentrée scolaire, le ministre de l’Education et de l’Enseignement technique a annoncé que le port du niqab (voile intégral) sera strictement interdit dans les écoles publiques et privées. Le ministère avait récemment réglementé également le port du voile (hijab). Le port de celui-ci dans les écoles nécessite une approbation écrite du tuteur légal de l’élève et une attestation qu’aucune pression n’a été exercée sur elle. Maïssa Fadl, cheffe du département de la discipline scolaire auprès du ministère, explique : « Cette interdiction permet de lutter contre la discrimination et toutes sortes de radicalisme dans les écoles, et aussi d’assurer la sécurité des élèves. Il s’agit également de vérifier l’identité des élèves, surtout pendant les examens, et d’éviter toutes formes de harcèlement auquel certaines élèves portant le niqab sont exposées. Nous voulons offrir un environnement sûr aux élèves ». Les directeurs des écoles sont appelés à faire respecter la décision du ministère.

Cette interdiction n’est pas nouvelle, elle n’a jamais été strictement appliquée cependant. Elle suscite un débat. « Cette décision et celle sur le hijab ont beaucoup tardé. Je suis totalement contre le voile intégral dans les écoles. Je dirais même qu’il faudrait interdire le port du voile pour les jeunes filles de 5 à 14 ans », affirme Farida Al-Choubachi, écrivaine et présidente de l’Association des droits des citoyens, appelant à une liberté sous contrôle des écoliers.

Ahmed Korima, de l’institution d’Al-Azhar, assure que le port du niqab n’est pas une obligation islamique. « Cette décision doit être appliquée non seulement dans les écoles nationales, mais également dans les écoles religieuses d’Al-Azhar », estime Korima.

Voyant l’affaire sous un oeil différent, le cheikh Hassan Al-Ganayni, l’un des oulémas d’Al-Azhar, affirme que même si le niqab n’est pas une obligation islamique, « la simple idée de l’interdire est une violation des libertés religieuses, approuvées par la Constitution égyptienne », dit-il.

Au Conseil des députés, alors que l’interdiction du niqab a été saluée par tous les députés, elle a été contestée par le député du parti salafiste d’Al-Nour, Ahmad Khattab. « Nous prendrons toutes les mesures légales pour faire annuler ce décret ministériel », a-t-il affirmé.

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