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Réconciliation palestinienne : Lueur d'espoir

Samar Al-Gamal , Lundi, 31 juillet 2023

Dans une nouvelle tentative de surmonter leurs divisions, les factions palestiniennes rivales se sont réunies dimanche en Egypte. Objectif : parvenir à une unité nationale durable.

Réconciliation palestinienne : Lueur d'espoir

Alors que les agressions israéliennes se multiplient, et malgré les échecs des tentatives de réconciliation précédentes, les leaders palestiniens se sont rassemblés dans la ville côtière égyptienne d'Al-Alamein à nouveau à l'invitation du président palestinien, Mahmoud Abbas. Les principaux groupes palestiniens, notamment le Hamas et le Fatah, en conflit depuis 15 ans, ont participé à cette réunion de haut niveau pour discuter des problèmes persistants et des divisions internes.

Bien que les attentes aient été modérées en raison des échecs passés, la réunion, présidée par Abou-Mazen, a été l'occasion pour les leaders de discuter ouvertement des problèmes persistants qui ont entravé une telle unité. La réunion, tenue à huis clos, s'est achevée par la décision de former un comité chargé de poursuivre le dialogue. « Je vous appelle à former un comité chargé de poursuivre le dialogue sur les différentes questions discutées aujourd'hui, dans le but de mettre fin à la division et de réaliser l'unité nationale palestinienne », a déclaré Abbas dans le communiqué final de la réunion. Il a également demandé au comité de « commencer immédiatement à travailler pour accomplir sa mission et de revenir avec les recommandations auxquelles il parviendra ». « J'espère que nous aurons bientôt un autre rendez-vous sur le sol égyptien, pour annoncer à notre peuple la fin de la division et le retour de l'unité nationale palestinienne », a-t-il ajouté, alors que deux principales factions, notamment le Jihad, ont décidé de boycotter la réunion. Le mouvement, qui a été la cible de la plus récente attaque israélienne contre Gaza, protestait contre la détention de certains de ses membres par l'autorité de Mahmoud Abbas. Les Forces de libération populaires ont également refusé de participer à la réunion en guise de solidarité avec le Jihad.

La réunion, qui offre une façade d'unité, ne cache pas de divergences-clés. Lors des discussions, le dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé Abbas à mettre fin aux « arrestations politiques » et à la « collaboration sécuritaire avec Israël ». Alors que Haniyeh a appelé à adopter l'option de la « résistance globale » et à renforcer la résilience du peuple palestinien dans son combat contre les crimes de l'occupation et des colons en Cisjordanie et à Jérusalem, le président palestinien a plaidé pour « une résistance populaire pacifique ». Le dirigeant du Hamas a également plaidé pour la formation d'un nouveau parlement inclusif sur la base d'élections démocratiques libres et la « restructuration de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) », une institution-cadre qui réunit la plupart des factions palestiniennes, à l'exception du Hamas et du Jihad. En revanche, Abbas a profité de l'occasion pour réitérer sa position selon laquelle l'OLP, fondée par Yasser Arafat, reste « le seul représentant légitime du peuple palestinien ».

Au cours des dernières années, le Fatah et le Hamas ont conclu de nombreux accords et ententes prévoyant, entre autres, des élections et un gouvernement d'union, mais aucune de ces initiatives ne s'est concrétisée jusqu'à présent. Les scrutins qui devaient avoir lieu en 2021, les premiers en 15 ans, ont été reportés sine die par le président de l'Autorité palestinienne et chef du Fatah, Mahmoud Abbas, qui a justifié cette décision par l'absence de garanties quant à leur tenue à Jérusalem-Est, la ville occupée et annexée par Israël. Le Hamas avait vivement critiqué cette décision, faisant écho aux frustrations croissantes des Palestiniens face à la situation politique.

En 2006, les dernières élections législatives avaient conduit à la victoire du mouvement islamiste armé du Hamas. Un an et demi plus tard, en 2007, des affrontements sanglants avaient opposé le Fatah et le Hamas, débouchant sur la naissance de deux systèmes politiques séparés : l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent 2,8 millions de Palestiniens, et la bande de Gaza, où résident 2,3 millions de personnes, qui est dirigée par le Hamas et sous blocus israélien depuis lors.

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