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Tarek Attiya : Nous voulons amener le taux de recyclage des déchets des constructions à 50% d’ici 2030

Malak Mostafa , Mercredi, 19 octobre 2022

L’Institut national des recherches sur le logement a conclu un accord avec le gouvernement pour recycler les déchets des constructions. Explications du Dr Tarek Attiya, directeur du département des projets au sein de l’institut.

Tarek Attiya

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les objectifs du partenariat conclu avec le gouvernement ?

Tarek Attiya: Le projet de recyclage des déchets des constructions en Egypte vise à mettre fin au problème de l’élimination aléatoire des déchets de construction. L’Egypte produit environ 40 millions de tonnes de déchets de construction par an. Ce projet vise également à transformer ces déchets en matériaux qu’on peut réutiliser dans le processus de construction.

— Comment ce projet sera-t-il appliqué ?

— Le projet sera mené conjointement par l’Etat, représenté par le ministère de l’Environnement, celui du Logement et l’Institut des recherches sur le logement et la construction, en coopération avec le secteur privé (fournisseurs et institutions financières). Nous devons classifier les déchets et identifier leurs ingrédients pour faciliter, ultérieurement, le processus de stockage et de triage. Mais le plus important est d’encourager les pratiques de préservation de l’environnement et de pénaliser les contrevenants. Nous voulons amener à 50% le taux de recyclage des déchets des constructions d’ici 2030. Et ce, en créant des centres de recyclage mobiles ou fixes dans tous les gouvernorats d’Egypte et dans les nouvelles villes pour réduire au maximum les frais de transport.

— Où est-ce que les déchets seront recyclés ?

— Nous avons décidé avec les ministères de l’Environnement et du Logement de créer 40 centres de recyclage des déchets des constructions partout en Egypte, y compris dans les nouvelles villes. Nous commencerons par les gouvernorats où il y a une forte densité de déchets comme le gouvernorat de Guiza.

— Quel sera le coût de ce projet et qui l’assumera ?

— Le coût est estimé à environ 8 milliards de L.E. et le secteur privé va assumer 80 % de ce coût. La demande sur les centres de recyclage augmentera et l’investisseur sera donc gagnant. Mais cela nécessite des efforts importants de la part de l’Etat.

— Comment l’Etat peut-il encourager les investisseurs à y prendre part ?

— L’Etat peut offrir certaines des incitations financières en subventionnant le recyclage. L’Etat peut également interdire l’achat des matériaux à contenus non recyclables et exiger des programmes de réduction des déchets pour les entrepreneurs.

— Quels sont les avantages de ce projet pour l’environnement ?

— Le projet garantit de nombreux avantages non seulement pour l’environnement mais aussi pour le citoyen, l’investisseur et l’Etat. Sur le plan environnemental, on réduira certaines activités qui portent atteinte aux richesses naturelles comme l’extraction minière ou l’extraction des pierres concassées, ainsi que le raffinage du pétrole. En plus, le recyclage éloigne les matériaux des sites d’enfouissement et donc diminue la pollution de l’air et la pollution visuelle, ce qui permet de vivre dans un environnement sain. Le recyclage et l’utilisation des matériaux sur place auront également un avantage économique important: ils peuvent réduire les frais de transport et d’évacuation des matériaux. Cela peut fournir beaucoup d’argent à l’Etat et aux investisseurs en leur générant des perspectives commerciales supplémentaires.

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