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Tareq Al-Mahdi : « Je suis sans pitié quand il s’agit de faire respecter la loi »

Samar Zarée, Lundi, 16 septembre 2013

Ancien membre du Conseil militaire, Tareq Al-Mahdi est le 5e gouverneur d’Alexandrie depuis le 25 janvier 2011. Il annonce la fin des coupures d’eau d’ici un mois et affirme s’attaquer sérieusement au problème des constructions illégales. Plusieurs projets d’infrastructures devraient aussi reprendre rapidement.

Tareq Al-Mahdi
Tareq Al-Mahdi, le 5e gouverneur d’Alexandrie.

Al-ahram hebdo : Comment percevez-vous la situation sécuritaire à Alexandrie ? Et quel est votre plan afin de restaurer la sécurité ?

Tareq Al-Mahdi : Vous devez savoir qu’Alexandrie a été un bastion des groupuscules islamistes. Pour rétablir la sécurité, je ne parie pas seulement sur l’armée et la police, mais sur une force différente et plus importante : celle de la population. A partir du moment où les habitants d’Alexandrie ressentiront une véritable progression dans la satisfaction de leurs demandes fondamentales, ils affronteront eux-mêmes ceux qui menacent la sécurité de leur ville.

— Vous avez déjà une expérience en tant qu’ancien gouverneur de la mer Rouge. Qu’est-ce qui caractérise, d’après vous, la ville d’Alexandrie ? Et qu’est-ce qui vous différencie de vos prédécesseurs ?

— Ici, je travaille dans des conditions plus difficiles. Le siège du gouvernorat a été incendié lors de la révolution du 25 janvier 2011, et jusqu’à présent, je ne dispose, ni de bureau, ni même de secrétariat … Quant à moi, en tant que nouveau gouverneur, je veux me distinguer grâce à ma présence sur le terrain. Je n’ai pas l’intention d’être un « gouverneur de la Corniche » qui accorde trop d’importance aux travaux d’embellissement. Je suis ici au service des citoyens, et surtout les plus défavorisés d’entre eux. C’est à ce niveau que se situe ma première responsabilité.

J’ai commencé à envisager des solutions rapides aux problèmes d’eau courante, de propreté et des irrégularités dans les constructions qui ont déjà provoqué l’effondrement de deux bâtiments depuis ma nomination il y a à peine un mois.

— Disposez-vous d’un recensement des bâtiments construits illégalement ?

— Non. La ville d’Alexandrie est la première province à souffrir de ce problème. Dans des quartiers comme Rochdi, Kafr Abdou et Al-Agami, les vieilles villas ont été démolies pour construire des immeubles. Depuis le 25 janvier 2011, le nombre de bâtiments construits en violation de la loi est d’environ 13 000. Nous sommes devant un problème très grave, et le triste scénario des bâtiments effondrés risque de se reproduire. J’ai fait appel à la faculté d’ingénierie de l’Université d’Alexandrie pour m’aider dans l’élaboration de rapports complets sur ces bâtiments, afin de recenser les bâtiments à risque. J’attends toujours la réponse.

— Le gouvernorat possède-t-il des logements de secours pour les familles en cas d’évacuation ?

— Pas pour le moment. On vient de se mettre d’accord avec des hommes d’affaires locaux pour construire des logements à cette fin à Borg Al-Arab. En échange, le gouvernorat s’est engagé à leur offrir certaines facilités.

— Mais le problème se situe aussi au niveau des responsables municipaux, dont certains facilitent ce genre d’infractions en échange de pots-de-vin …

— Tous ces gens savent très bien qu’ils sont maintenant surveillés. Je suis là pour mettre la ville d’Alexandrie sur la bonne voie, je suis sans pitié quand il s’agit de faire respecter la loi.

— La pénurie d’eau potable et les coupures fréquentes sont une conséquence de ces constructions illégales qui ont proliféré. Y a-t-il une solution rapide à ce problème ?

— Ce problème aura disparu le mois prochain grâce à la construction, dans la ville voisine de Kafr Al-Dawar, d’un important réservoir d’eau, et à l’installation de nouvelles stations de pompage sur le canal d’Al-Mahmoudiya, la principale source d’eau potable d’Alexandrie. En outre, un accord a été conclu avec certaines entreprises pour réduire leur consommation en eau, un accord dont je suivrai la mise en application.

— Certains projets ont été entamés mais restent toujours inachevés. Je parle notamment de la rénovation de la gare de Sidi Gaber, et surtout des projets d’assainissement. Avez-vous eu le temps d’étudier ces projets ?

— Le projet d’assainissement qui concerne le quartier d’Al-Agami est mal parti. Pour les quartiers d’Al-Maamoura, d’Abou-Qir et d’Al-Amériya, les travaux sont suspendus mais devraient s’achever en avril prochain. Je me suis entretenu avec les responsables des entreprises en charge pour reprendre immédiatement les travaux après avoir introduit certaines modifications.

Pour ce qui concerne la rénovation de la gare de Sidi Gaber, qui prévoit la construction d’un parking d’une capacité de 850 voitures pour réduire la congestion de la circulation dans les environs de la station, j’ai découvert que c’est la bureaucratie qui a retardé ce projet. Celui-ci s’est perdu entre les organismes gouvernementaux. Je leur ai accordé 15 jours pour résoudre leurs problèmes entre eux … .

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