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Plus de droits pour les personnes âgées

Malak Mostafa , Mardi, 08 février 2022

Le Sénat a approuvé un projet de loi sur les personnes âgées. Le texte répond à la stratégie nationale de droits de l’homme et a pour objectif une meilleure protection à cette catégorie.

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L’Egypte compte environ 7 millions de personnes âgées.

Une protection sociale, financière et sanitaire. Tels sont les trois privilèges garantis par la nouvelle loi sur les droits des personnes âgées, approuvée en début de mois par le Sénat avant son renvoi à l’Assemblée du peuple. Ce nouveau projet de loi a pour objectif de garantir une vie décente aux personnes âgées sur les plans sanitaire, économique, culturel et social, et à leur fournir une pension adéquate, en plus de leur permettre de participer à la vie publique.

D’après les statistiques de l’Agence centrale pour la mobilisation publique et des statistiques (CAPMAS), l’Egypte compte environ 7 millions de personnes âgées, soit moins de 7%. Une tranche populaire qui, selon la députée Nagla Bakhoum, membre de la commission de la solidarité au parlement, passera à 17,9% en 2052. D’où, selon elle, l’importance de la promulgation d’une législation garantissant leurs droits.

Selon ses termes, cette loi assure la non-discrimination fondée sur l’âge ou la religion et garantit une égalité en termes des droits de l’homme. La loi oblige également, et pour la première fois, les maisons de retraites à accepter gratuitement 4% du taux d’occupation de l’établissement pour des cas déférés par le ministère. Le rôle des maisons de retraites relève d’une grande importance au sein de cette législation qui a accordé des exonérations sur les établissements de soins aux personnes âgées, notamment sur les impôts, frais et dépenses de toute nature. Ces sommes seront remboursées en cas de changement de nature de ces institutions.

Afin d’éviter d’y être introduit par force du tuteur, le projet de loi exige le consentement préalable de la personne âgée pour adhérer à une maison de retraite. En cas de refus, c’est sa famille qui se charge de prendre soin d’elle et de subvenir à ses besoins, s’ils sont en mesure de le faire. La loi prévoit également une peine d’un an d’emprisonnement et une amende allant de 1000 à 10000 L.E. pour toute négligence au devoir de la part d’un tuteur envers une personne âgée. Elle peut augmenter jusqu’à deux ans de prison et/ou une amende allant de 2000 à 20000 L.E. si le tuteur s’abstient délibérément de s’occuper d’une personne âgée, ou lui causant une blessure, un handicap ou la mort.

Protection sanitaire et financière

Cette loi préconise également la protection sanitaire pour cette catégorie, la plus vulnérable aux maladies chroniques. Comme expliqué par la ministre de la Solidarité sociale, Nivine El-Kabbag, l’Etat se charge de fournir des soins sanitaires aux personnes âgées, même ceux ne jouissant pas d’assurance maladie. Concernant le soutien financier, le ministère assure également «  l’octroi d’une carte d’or financée par le Fonds de retraite aux personnes âgées, celle-ci sera délivrée aux retraités nécessiteux de plus de 60 ans. Cette carte comprend de nombreux avantages et services, notamment l’assurance maladie, la facilitation des paiements des pensions de retraite, des réductions sur les moyens de transport publics, etc. ». De plus, selon les termes de la loi, l’Etat se charge d’accorder une pension financière aux personnes âgées de plus de 65 ans ou à ceux souffrant d’un handicap ou d’une maladie chronique et qui n’ont ni revenus, ni perçoivent de pension.

Selon Bakhoum, les députés se sont appliqués à couvrir, à travers cette législation, tous les besoins des personnes âgées de manière à les protéger contre la négligence et la violence sociale, et en même temps pour leur accorder les moyens nécessaires pour une vie respectueuse. Pour sa part, Margaret Azer, secrétaire générale du Conseil national de la femme, a salué le projet de loi, mais a tenu à souligner que, malgré l’importance de sa promulgation, elle ne peut seule garantir l’amélioration de la vie des personnes âgées. Et de conclure: « La loi garantit le côté législatif des droits de cette catégorie, mais il est également nécessaire de mettre en place un système intégral, et ce, par les efforts des ministères concernés et les ONG qui doivent travailler à sensibiliser la société sur leurs devoirs envers ces personnes. Notamment dans les écoles, les universités et les médias, pour leur assurer une vie décente et des comportements humains ».

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