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Talaat Abdel-Qawi : Il ne s’agit pas de licencier les employés, mais de les aider à suivre un traitement

Propos recueillis par Malak Mostafa, Lundi, 20 décembre 2021

La loi sur la consommation de drogue dans l’administration publique est entrée en vigueur cette semaine. Talaat Abdel-Qawi, membre de la commission de la main-d’oeuvre au parlement, revient sur son application.

Talaat Abdel-Qawi

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les objectifs de la nouvelle législation sur la consommation de drogue dans l’administration publique qui est entrée en vigueur cette semaine ?

Talaat Abdel-Qawi: Tout d’abord, il faut savoir que cette loi a été promulguée en juin 2021, mais elle est entrée en vigueur le 15 décembre. Les 6 mois écoulés étaient un délai procuré à tous les employés qui commettent le délit de consommer de la drogue dans le secteur public et qui sont concernés par la loi, afin qu’ils demandent un traitement pour ne pas être sanctionnés. La loi ne vise pas à licencier ces employés qui sont de petits consommateurs, mais à contribuer à leur traitement. Elle vise également à réduire la consommation de drogue dans les institutions gouvernementales, afin de protéger la vie des citoyens qui fréquentent ces lieux. De même, les personnes toxicomanes sont incapables de se concentrer sur leur travail et sont inconscientes de leurs devoirs et leurs droits.

— Sur le terrain, quelles sont les mesures d’application de cette loi ?

— Cette loi s’applique à tous les fonctionnaires du secteur public et de l’appareil administratif de l’Etat, notamment les ministères, les administrations publiques, les entreprises publiques et toute instance affiliée à l’Etat, tels les hôpitaux, les écoles, les orphelinats, et autres.

Des campagnes de détection de la toxicomanie seront organisées dans ces institutions sans rendez-vous préalables. Les fonctionnaires sur place seront soumis à des tests de détection. Si le test est positif, le fonctionnaire est suspendu de son travail pendant au moins 3 mois ou jusqu’à ce que les analyses confirment son cas. Pendant cette période, il ne perçoit que la moitié de son salaire.

Cependant, le fonctionnaire peut, à ses propres frais, demander le recours à l’Autorité de médecine légale, soit pour un réexamen du même échantillon dans un délai de 24 heures, à compter de la date de l’apparition des résultats, ou pour demander un nouvel examen médical pour prouver son innocence.

— Les employés sans exception seront-ils donc obligés de faire les tests de détection de drogue ?

— Bien sûr. Et conformément à la nouvelle loi, le fait de s’abstenir de faire les tests sans excuse acceptable est un motif pour résilier le contrat de l’employé. De plus, en cas de falsification des résultats des tests, toute personne impliquée est punie d’une peine d’emprisonnement d’un an. La loi punit également toute personne couvrant des toxicomanes dans leurs lieux de travail. Ceux-ci aussi encourent une peine d’emprisonnement et une amende allant de 100000 à 200000 L.E.

— Une fois renvoyés, quel est le sort des employés? Ont-ils une chance de regagner leur travail en cas de guérison ?

— Le consommateur de drogue sera gratuitement traité dans des hôpitaux publics et des centres spéciaux pour le traitement des toxicomanes, et ce, en toute confidentialité. Outre les hôpitaux publics, il existe actuellement en Egypte 28 centres de traitement et de réadaptation pour les toxicomanes répartis dans 17 gouvernorats. Si la personne est complètement guérie, elle aura le droit de reprendre son travail.

— Pensez-vous que la loi seule puisse s’attaquer à ce phénomène ?

— La présence d’une loi dissuasive est importante, mais aucune loi n’est en mesure de s’attaquer seule à un phénomène. Il faut donc aussi travailler sur la sensibilisation de la société contre les effets de cette pratique méprisable qui contredit les lois et les principes humains. Ces campagnes ne doivent pas viser seulement les toxicomanes et leur entourage, mais tous les citoyens, quel que soit leur sexe ou leur âge. Cette sensibilisation relève de la responsabilité de l’Etat, de la société civile, des institutions religieuses et pédagogiques et des médias. C’est donc une mission collective.

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