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Egypte-France : Une vision commune pour la paix et la sécurité

May Al-Maghrabi, Mardi, 16 mars 2021

Le président Sissi et le directeur général de la Sécurité extérieure française, Bernard Emié, ont discuté au Caire de la coopération bilatérale, de la lutte antiterroriste et des dossiers régionaux. Des pourparlers illustrant l'importance du partenariat stratégique entre les deux pays.

Egypte-France : Une vision commune pour la paix et la sécurité
Le président Sissi a évoqué avec Bernard Emié la lutte contre le terrorisme et la coopération bilatérale, militaire et sécuritaire.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a reçu, mercredi 10 mars au palais d’Ittihadiya au Caire, le directeur de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure française (DGSE), Bernard Emié, en présence du chef du service des renseignements, le général Abbas Kamel. La lutte contre le terrorisme, la coopération bilatérale (militaire et sécuritaire), ainsi que l’évolution de la situation en Méditerranée orientale et en Libye ont été au menu des pourparlers. Lors de la rencontre, Emié a exprimé l’appréciation de son pays à ses relations avec l’Egypte, incarnées par « une coopération constructive et des relations étroites ». De son côté, le président Sissi a affirmé sa volonté de renforcer la coopération « stratégique » avec la France dans tous les domaines. « Le président et le directeur de la DGSE ont échangé les points de vue sur les dossiers régionaux et internationaux dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de sécurité et de renseignements entre les deux pays », a indiqué le communiqué de Bassam Rady, porte-parole de la présidence, ainsi que l’impératif de lutter contre la prolifération des organisations terroristes au niveau régional et international. Le président Sissi a souligné l’importance de la coordination continue pour « développer les outils de lutte contre le terrorisme et les idéologies extrémistes et accentuer la pression sur les organisations terroristes ». Il a également considéré que « la reconstruction des institutions des pays en crise permettra de rétablir la sécurité et la stabilité dans la région ».

Les deux parties ont abordé les évolutions des dossiers du Moyen-Orient, de la Méditerranée orientale en Libye et de l’Afrique. « Des dossiers que la France tient à coordonner avec l’Egypte conçue comme axe de contrepoids régional », a affirmé Emié. Le responsable français a salué l’impact positif de la ligne rouge désignée à l’est de la Libye par le président Sissi qui a averti, le 20 juin dernier, les milices occidentales libyennes quant au fait de franchir la ligne Syrte-Al-Jufra, ce qui donnerait à l’Egypte la légitimité internationale d’intervenir militairement pour défendre sa sécurité nationale. « Cela a soutenu l’itinéraire des négociations à la recherche d’une solution politique globale », a affirmé Emié.

Cette visite intervient au coeur d’une importante séquence diplomatique bilatérale et d’un dynamisme égyptien en ce qui concerne le dossier libyen. Le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, était jeudi dernier à Paris pour en discuter avec ses homologues français, allemand et jordanien. Le 13 mars, le président Sissi a effectué un entretien téléphonique avec le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Menfi, au cours duquel il l’a félicité à l’occasion de l’obtention du gouvernement libyen de la confiance de la Chambre des représentants. Il lui a souligné « l’importance de propulser le processus politique en Libye et de maintenir le dialogue entre toutes les parties de façon à éviter toute intervention étrangère », a rapporté Rady. Menfi a « valorisé les efforts sincères de l’Egypte destinés à rétablir la paix et la sécurité en Libye », affirmant la volonté du nouveau pouvoir exécutif en Libye de renforcer les relations avec l’Egypte.

Sur un autre volet, la coordination entre l’Egypte et la France sur la situation en Méditerranée orientale intervient alors que la demande d’adhésion de la France au Forum du gaz de la Méditerranée orientale vient d’être approuvée mercredi dernier par les Etats membres du Forum présidé par l’Egypte. Un pas ouvrant de nouveaux horizons de coopération prometteuse qui exige une stabilité dans cette région.

Les pourparlers égypto-français viennent donc mettre l’accent sur l’importance de coordination continue au niveau politique, sécuritaire et militaire, entre deux partenaires stratégiques qui se partagent des visions et des enjeux communs, comme l’affirme le politologue Tarek Fahmy. « Le rétablissement de la sécurité régionale, notamment en Libye et en Méditerranée orientale, figure en tête des dossiers prioritaires pour les deux pays. Ils oeuvrent à lutter contre le terrorisme en Libye et à freiner les convoitises turques menaçant directement leurs intérêts économiques et sécuritaires en Méditerranée orientale. D’où la nécessité de renforcer leur coopération militaire et sécuritaire », explique le politologue, indiquant que cette coopération bilatérale est dictée par le contexte régional perturbé et la montée du terrorisme qu’endurent l’Egypte comme la France.

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