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Des pas de plus dans le rapprochement égypto-soudanais

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 16 mars 2021

Le président Sissi a reçu, jeudi 11 mars, le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok. La délégation de ministres l’accompagnant s’est de son côté entretenue avec ses homologues égyptiens. Une visite qui donne un nouvel élan à la coopération bilatérale.

Des pas de plus dans le rapprochement égypto-soudanais

Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, accompagné d’une délégation de haut niveau, s’est rendu en Egypte les 10 et 11 mars pour négocier du renforcement des relations bilatérales et des dossiers d’intérêt commun. Une visite qui intervient moins d’une semaine après celle du président Sissi à Khartoum. Un dynamisme marquant les relations entre l’Egypte et le Soudan qui se partagent des enjeux et des intérêts communs en ce qui concerne le dossier du barrage de la Renaissance, ainsi que le renforcement des relations bilatérales sur les plans politique, économique et sécuritaire. Lors de la rencontre, le président Sissi a souligné l’importance de la visite de la délégation soudanaise qui « concrétise la volonté politique des deux pays de renforcer la coopération bilatérale pour devenir un modèle à suivre pour toute la région », selon le communiqué du porte-parole de la présidence, Bassam Rady, qui a ajouté que Sissi et Hamdok ont convenu de l’importance d’accroître leur coopération, notamment dans les domaines des projets économiques, d’électricité, de transports et d’agriculture. De son côté, Hamdok a indiqué que les résultats de la dernière visite du président Sissi au Soudan « sont fructueux », saluant les efforts déployés par l’Egypte pour préserver la stabilité du Soudan dans cette phase de transition.

Pour ce qui est de la question du barrage de la Renaissance, les deux parties ont dénoncé les intentions éthiopiennes de profiter de la prochaine saison des pluies, en juillet, pour continuer à remplir le réservoir du barrage.

Une coopération dans divers domaines

Hamdok s’est aussi entretenu avec son homologue égyptien, Moustapha Madbouli, des projets communs en cours d’exécution dont la liaison électrique, ferroviaire et routière, en plus des perspectives de projets communs dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique, de l’agriculture et autres. Les premiers ministres des deux pays ont convenu d’activer leur coopération dans divers domaines. Le ministre soudanais de l’Investissement, Al-Hadi Ibrahim, s'est accordé avec son homologue égyptien sur la mise en place de grands projets d’énergie, de routes et de ponts. Ils ont en outre discuté de nouvelles coopérations dans le domaine de la production animale. Un accord a également été établi avec l’Egypte pour tenir une réunion urgente avec des hommes d’affaires égyptiens dans le domaine de la construction des ports. Le ministre soudanais du Commerce et de l’Approvisionnement, Ali Jiddo, a conclu un accord avec la ministre égyptienne du Commerce et de l’Industrie, Névine Gamie, pour ouvrir l’exportation de bétail aux entreprises soudanaises. Des cadres soudanais seront formés sur le commerce et l’approvisionnement en Egypte en coordination avec l’ambassade égyptienne à Khartoum. Quant au ministre soudanais des Finances, Gabriel Ibrahim, il a étudié avec la ministre de la Coopération internationale, Rania Al-Machat, la possibilité de participer à la conférence de Paris, prévue en mai 2021. Côté transport, le ministre soudanais du Transport, Mirghani Musa, a affirmé que plusieurs partenariats étaient conclus dans le transport fluvial, les chemins de fer, le transport terrestre, l’autorité des ports maritimes et le transport aérien.

Amani Al-Taweel, spécialiste des affaires africaines au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS), affirme l’importance de ce dynamisme que connaissent les relations égypto-soudanaises. « Le Soudan est plus que jamais conscient de l’ampleur des risques stratégiques qui l’entourent. D’où l’importance qu’il accorde à coopérer et coordonner avec l’Egypte, pays voisin et axial ». Elle explique que si la sécurité hydrique représente une priorité pour les deux pays, pour l’Egypte, la stabilité interne du Soudan relève en ce moment de la sécurité nationale égyptienne. Elle donne l’exemple des effets de la guerre éthiopienne dans la région du Tigré ou encore l’escalade de la tension en Somalie qui affecte la sécurité de la mer Rouge et menace Khartoum et Le Caire. Surtout que la sécurité du Canal de Suez est liée à la sécurité de la mer Rouge. Il en est de même pour les conséquences de la guerre au Yémen. « Nous pouvons envisager que nous sommes devant une nouvelle ère dans les relations égypto-soudanaises qui prévoit un soutien bilatéral et un avenir riche en termes de projets nationaux communs », conclut Al-Taweel.

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