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Adel Chérif : La justice numérique nécessite une coopération avec l’Afrique en termes de financement et d’échange d’expertise

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 23 février 2021

Le conseiller Adel Chérif, vice-président de la Haute Cour constitutionnelle et secrétaire général de la réunion du Caire, revient sur l’importance de la coopération judiciaire avec l'Afrique.

Adel Chérif

Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’importance de la tenue périodique des réunions des présidents africains des Cours constitutionnelles ?

Adel Chérif : Ces réunions s’inscrivent dans le cadre d’un programme de coopération judiciaire avec les pays africains lancé en 2017. Il porte sur l’organisation de réunions périodiques pour les juges présidents des Cours constitutionnelles et suprêmes africaines. Des réunions qui contribuent à la promotion de l’échange d’expériences entre les Cours suprêmes africaines et les moyens de relever les défis communs auxquels sont confrontées les Cours constitutionnelles africaines. Ces rencontres permettent aussi de rapprocher les pays africains ouvrant ainsi des domaines de coopération diversifiés, notamment politiques et sécuritaires. C’est pourquoi l’Egypte accorde une grande importance à ces réunions.

— La prochaine réunion sera consacrée à la justice électronique. Qu’entendez-vous par ce terme ?

— Tout d’abord, il ne faut pas confondre mécanisation et justice électronique. La mécanisation consiste à développer des programmes de bases de données qui stockent les informations en les connectant à un réseau Internet servant à faciliter l’accès à ces informations par les services gouvernementaux. La justice électronique, en revanche, a été dictée par les impératifs de la situation pandémique et consiste à présenter des services judiciaires via vidéoconférence, sans exiger la présence des juges, des avocats et des accusés pour éviter les risques de contamination. Ces mesures, qui ont commencé à être appliquées dans certaines cours en Egypte comme en Afrique, permettent aussi d’accélérer les procédures judiciaires. Pour garantir l’application de ce système, il faut donc développer les structures judiciaire et législative pour pouvoir les adapter aux développements dans ce domaine. Il s’agit d’un axe très important qui nécessite une coopération en termes de financement et d’échange d’expertises entre les pays africains.

— Quel est le rôle de la plateforme judiciaire lancée par l’Egypte en 2018 ?

— Lors de leur deuxième réunion au Caire en 2018, les présidents des Cours constitutionnelles et suprêmes et des Conseils constitutionnels africains ont décidé de travailler ensemble à la création d’un centre d’information électronique africain, destiné à servir de plateforme électronique reliant les instances judiciaires à travers le continent et permettant l’échange d’informations et de bonnes pratiques dans tous les domaines liés à la justice en Afrique. Celui-ci est entré en fonction en 2019. C’est un changement de paradigme merveilleux dans le domaine de la coopération juridique. Cette plateforme est un formidable moyen pour l’échange de l’expertise et la connaissance des dernières dispositions et principes judiciaires dans le continent.

— Comment les pays africains peuvent-ils coopérer en matière de justice ?

— Cette réunion que nous préparons, aussi bien que les précédentes réunions, reflète la coopération interafricaine. Il s’agit de présenter tous les moyens d’aide, que ce soit en termes d’information, de formation ou même de financement aux pays africains. Par exemple, certains pays n’ont pas les moyens financiers ou même le potentiel humain nécessaire pour mettre en place un système de justice électronique. Les pays africains, qui ont une expertise dans le domaine ou qui ont les moyens financiers, peuvent présenter leur aide. Cette coopération est ainsi fondée sur un système d’intégration entre les pays africains. En termes d’échange d’expérience, l’Egypte, par exemple, présente à certains pays africains des stages dans le domaine judiciaire. Bref, toute communication simple entre les pays africains est en soi une forme de coopération que nous travaillons à élargir.

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