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Covid-19 : L’Egypte lance des essais cliniques

Al-Ahram Hebdo avec agences, Mercredi, 16 septembre 2020

Tandis que la course s’accélère dans le monde pour trouver un vaccin au coronavirus, l’Egypte a lancé les essais cliniques de deux vaccins chinois. 6 000 personnes devraient y prendre part.

Covid-19 : L’Egypte lance des essais cliniques

Quelque 6 000 personnes en Egypte participeront à des essais cliniques de phase 3 de deux vaccins chinois contre le coronavirus, a déclaré vendredi la ministre égyptienne de la Santé, Hala Zayed, sans nommer les laboratoires produisant ces vaccins. Dans un communiqué, le ministère a expliqué que les volontaires recevront deux injections, à 21 jours d’intervalle, et seront surveillés tout au long de l’année. Ils devront d’abord passer un test PCR pour s’assurer qu’ils n’ont pas été infectés par le coronavirus.

Les essais ont été menés dans 3 autres pays : Bahreïn, les Emirats arabes unis et la Jordanie, ajoute le communiqué.

La phase 3 des essais, la dernière, consiste à vérifier la sécurité et l’efficacité du vaccin avant son homologation et implique plusieurs milliers de volontaires.

En juillet dernier, l’Egypte a été choisie par la Chine pour servir de future plaque tournante africaine pour la fabrication d’un vaccin contre le coronavirus si celui-ci est développé par Pékin.

Le 7 septembre, 2 compagnies pharmaceutiques chinoises avaient exposé pour la première fois lors d’une foire commerciale à Pékin leurs candidats-vaccins contre le Covid-19. Les doses produites par les entreprises Sinovac Biotech et Sinopharm font partie des projets les plus avancés au monde et suscitent beaucoup d’attentes en Chine. Entrés en phase 3 avec des essais sur l’homme, ces vaccins ne sont pas encore commercialisés, mais leurs fabricants espèrent obtenir le feu vert des autorités pour une mise sur le marché avant fin 2020.

La course continue

Ailleurs dans le monde, la course au vaccin s’accélère. Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca et l’Université d’Oxford ont repris leurs tests au Royaume-Uni sur un vaccin contre l’épidémie de nouveau coronavirus avec le feu vert des autorités sanitaires, ont-ils annoncé samedi dans des communiqués distincts, 3 jours après avoir dû les interrompre.

La mise entre parenthèses des essais avait été décidée le 9 septembre après l’apparition d’une « maladie potentiellement inexpliquée » chez un participant au Royaume-Uni.

Un comité indépendant avait alors été mis en place pour évaluer les risques liés au vaccin. Ce comité a terminé son enquête et a conclu qu’il était sans danger que les essais recommencent au Royaume-Uni, selon AstraZeneca.

Dans un communiqué distinct, l’Université d’Oxford a confirmé samedi la reprise des essais, soulignant que « dans des tests de grande ampleur comme celui-ci, on s’attend à ce que certains participants soient malades ». Le vaccin développé par AstraZeneca et l’Université britannique d’Oxford est l’un des projets occidentaux les plus avancés, testé sur des dizaines de milliers de volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud et, depuis le 31 août dernier, aux Etats-Unis.

En Russie, les autorités de Moscou ont commencé à tester le vaccin baptisé « Spoutnik V » sur 40 000 habitants de la capitale, dernière étape des essais de ce vaccin.

Mis au point par le Centre de recherches Nikolaï-Gamaleïa et annoncé en grande pompe le mois dernier, ce vaccin suscite toujours le scepticisme des milieux scientifiques occidentaux.

Ainsi, dans une lettre ouverte datée du 7 septembre et signée par une trentaine de chercheurs, essentiellement européens, le scientifique italien, Enrico Bucci, s’interroge sur la vraisemblance de données d’un article publié le 4 septembre par la prestigieuse revue médicale The Lancet.

L’article incriminé indiquait que le candidat-vaccin russe déclenchait une réponse immunitaire et n’entraînait pas d’effets indésirables graves.

En réponse à cette lettre, la revue britannique « a invité les auteurs de l’étude sur le vaccin russe à répondre aux questions soulevées » et assuré qu’elle « suivait la situation de près ».

L’OMS recense 35 « candidats-vaccins » évalués dans des essais cliniques sur l’homme à travers le monde. Neuf en sont déjà à la dernière étape, ou s’apprêtent à y entrer.

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