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En quête d’une meilleure éducation

Marianne William, Mercredi, 19 février 2020

Organisée par le ministère de l’Education et la Banque mondiale, la conférence sur l’accélération de l’apprentissage au Moyen-Orient et en Afrique s’est tenue les 13 et 14 février au Caire. Objectif : favoriser les échanges régionaux sur les problèmes éducatifs. Bilan.

En quête d’une meilleure éducation
Tarek Shawki, le ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, et Jaime Saavedra, directeur de l’éducation à la Banque mondiale, lors de la conférence.

C’est sous les auspices du président de la République que s’est tenue, les 13 et 14 février, la conférence sur la promotion de l’éducation en Afrique et au Moyen-Orient, organisée sous le thème « Accélération de l’apprentissage au Moyen-Orient et en Afrique : Appel à l’action et opportunités de collaboration ». La conférence était organisée par le ministère de l’Education et de l’Enseignement technique et le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec le Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth au Royaume-Uni. Un panel de responsables a assisté à l’événement, dont le ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, Tarek Shawki, le directeur de l’éducation à la Banque mondiale, Jaime Saavedra, et un certain nombre de ministres, pédagogues et représentants de la société civile en Afrique et dans la région MENA. L’Egypte a lancé, ces dernières années, un programme ambitieux de réforme de l’éducation. Et pour Le Caire, la conférence était une bonne occasion d’échanger les expériences avec les pays du Moyen-Orient et d’Afrique. « Cette conférence était importante pour l’Egypte qui veut dresser le bilan des réalisations accomplies dans le cadre de son programme de réforme, initié il y a trois ans », explique Dr Nawal Chalabi, directrice du Centre de développement des cursus au ministère de l’Education et de l’Enseignement technique. Et d’ajouter : « La conférence a offert des opportunités de coopération avec les pays de la région pour améliorer l’enseignement et évaluer les progrès réalisés ».

Durant son allocution, Dr Shawki a souligné que le plan égyptien de réforme de l’éducation a été lancé conformément à la vision du président Abdel-Fattah Al-Sissi, annoncée en 2014, et qui vise à former une société « qui apprend, pense et innove ». Le lancement de ce plan a été suivi par une série de mesures, dont notamment l’inauguration de la Banque égyptienne de connaissances en 2016, l’inauguration des écoles japonaises (40 écoles en tout), l’installation de l’infrastructure Internet dans les établissements scolaires pour faciliter l’accès aux contenus numériques, et surtout la création de 11 écoles de technologie appliquée. Des mesures ont également été prises pour faciliter l’intégration des enfants souffrant de handicap dans les écoles.

Les délégations participantes ont effectué, à la veille de la conférence, des visites dans les écoles publiques égyptiennes pour voir de près l’expérience égyptienne. « Nous avons apprécié le programme de réforme égyptien. Celui-ci permet à l’enfant de construire sa personnalité dès la maternelle. Et puis, il y a l’usage du numérique dans le cycle secondaire. Etablir des partenariats avec les pays participants, notamment l’Egypte, nous aidera à améliorer notre système éducatif », a déclaré Hounely Alain Dossou, secrétaire général du ministère de l’Enseignement maternel et primaire de la République du Bénin.

Expérience pionnière

« L’Egypte a fait un grand pas en avant en matière de cursus scolaires. Ceux-ci accompagnent les élèves pas à pas depuis la maternelle et jusqu’au lycée », a affirmé pour sa part Marty Creel, directeur académique à Discovery Education, entreprise opérant dans le domaine de l’éducation. Lawrence Anderson, vice-président de Pearson Assessment Services, société leader dans le domaine de l’évaluation, qualifie l’élaboration des évaluations de « grand accomplissement », vu que ce travail colossal qui a consisté à rédiger 10 millions de questions a été fait en 8 mois. « L’Egypte joue le rôle de chef de file dans l’élaboration des évaluations », a-t-il déclaré.

Plusieurs pays ont demandé à s’inspirer de l’expérience égyptienne. « C’est le cas du Kenya et du Ghana », affirme Dr Nawal Chalabi et d’ajouter : « L’une des recommandations majeures de la conférence concerne la création d’une plateforme éducative régionale et que les pays de la région aient accès à la Banque égyptienne de connaissances et au contenu pédagogique numérique ». Créer une plateforme de formation professionnelle destinée aux enseignants est également l’une des recommandations de la conférence, afin de promouvoir le statut de l’enseignant et valoriser son rôle, car, selon Dr Shawki, « l’enseignant doit avoir le talent, mais il a besoin d’être formé pour répondre aux exigences de l’époque et pour jouer le rôle de facilitateur et non pas celui de détenteur du savoir ».

Le plan égyptien de réforme de l’éducation est cependant confronté à plusieurs défis, dont les classes surpeuplées, surtout dans certaines régions. Pour régler ce problème, le ministre de l’Education a annoncé que 100 classes intelligentes mobiles seront prêtes dès ce mois. Une solution que la députée Magda Nasr, membre de la commission de l’éducation au parlement, juge « idéale, car le grand nombre d’élèves empêche de profiter pleinement des nouveaux cursus ». Et d’ajouter : « L’inclusion de la technologie est indispensable pour former un citoyen compétitif sur le marché du travail et toute coopération régionale dans ce domaine est souhaitable ». A cet égard, Simon Leung, président du conseil d’administration de Promethean, entreprise pionnière dans les tableaux interactifs et les solutions d’apprentissage interactives, espère que « l’essor technologique qu’a connu l’Egypte se reproduise dans d’autres pays », affirmant qu’il collabore étroitement avec l’Egypte dans le but d’assurer un enseignement de qualité. « D’ici 2030, nous devons nous assurer que tous les enfants du monde ont accès à un enseignement primaire, préparatoire et secondaire de haute qualité », a affirmé pour sa part Jaime Saavedra, directeur de l’éducation à la Banque mondiale. Pour améliorer la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques égyptiennes, la banque a décidé d’allouer à l’Egypte 500 millions de dollars sur 5 ans.

La conférence a adopté un certain nombre de recommandations de nature à promouvoir l’enseignement dans la région. Outre la création d’une plateforme éducative régionale et d’une plateforme d’évaluation en ligne destinée aux élèves, une plateforme de formation professionnelle destinée aux enseignants sera mise en place. « Les échanges avec d’autres pays, qu’il s’agisse de ceux qui nous ont précédé dans la réforme ou ceux qui nous suivront, seront utiles pour toutes les parties. Les étapes franchies en Egypte, dont le plan a commencé à donner ces fruits, prouvent que l’Egypte est sur la bonne voie », conclut Magda Nasr.

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