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Le Caire-Washington : Les enjeux d’un partenariat nécessaire

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 16 avril 2019

La visite du président Abdel-Fattah Al-Sissi aux Etats-Unis s’est soldée par une volonté affichée de renforcer les relations bilatérales et d’intensifier les consultations politiques, notamment au sujet des crises régionales.

Le Caire-Washington : Les enjeux d’un partenariat nécessaire
Les deux présidents ont discuté de maints dossiers régionaux et bilatéraux.

« Ma visite de deux jours aux Etats-Unis a été fructueuse à tous les niveaux. J’ai été ravi de rencontrer le président Donald Trump avec qui nous avons abordé maints dossiers bilatéraux et régionaux d’inté­rêt commun. Nous avons convenu de renforcer les mécanismes de coopération entre nos deux pays sur les dossiers régionaux et internatio­naux », s’est félicité le président Abdel-Fattah Al-Sissi sur son compte Facebook, avant de saluer « la capacité d’écoute » de son hôte. Une réaction sur le bilan de sa visite de deux jours aux Etats-Unis, qu’il a effectuée à l’invitation du président Trump et qui a été achevée le 10 avril. Le sommet Sissi-Trump, tenu le 9 avril à la Maison Blanche, a été une occasion pour discu­ter de maints dossiers régionaux et bilatéraux. Les deux présidents ont salué une parfaite entente. « Je pense qu’il n’y a jamais eu de meilleure relation entre l’Egypte et les Etats-Unis qu’aujourd’hui. Nous avons beaucoup de choses très importantes à discuter sur le plan militaire et aussi commercial. Nous sommes de bons partenaires commerciaux, nous travaillons ensemble », a estimé le président Trump lors d’une conférence de presse conjointe. Pour sa part, le président Sissi a remercié son hôte de l’avoir invité à Washington et fait état de la fierté de l’Egypte de ses relations stratégiques avec les Etats-Unis. Des relations basées, selon le prési­dent Sissi, sur le respect mutuel et la coopération fructueuse au profit des deux peuples.

Les deux présidents ont de même décidé de promouvoir les échanges commerciaux, notam­ment les investissements des entreprises améri­caines en Egypte. Donald Trump a aussi salué les réformes économiques mises en oeuvre par le président Sissi depuis son arrivée au pouvoir en 2014. A noter que le taux d’échanges commer­ciaux entre les deux pays a augmenté de 13 % en 2017, atteignant environ 5,6 milliards de dollars par rapport à 2016, où ils étaient estimés à 4,9 milliards de dollars. Le président américain a de même salué les efforts du pays en matière de lutte contre le terrorisme qui, selon lui, « consti­tue la plus grande menace pour la paix et la sécurité internationales ». De son côté, le prési­dent Sissi a jugé évident d’intensifier les concer­tations bilatérales en vue de soutenir les efforts visant à rétablir la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient.

Contexte régional difficile

Selon l’ancien diplomate Hussein Haridi, le sommet Sissi-Trump est intervenu à un moment crucial que traverse la région arabe. « C’était une occasion pour l’Egypte de s’exprimer sur des dossiers controversés tels que la cause palesti­nienne et la récente décision américaine sur le plateau du Golan. En abordant ces dossiers, le président Sissi a clairement transmis les visions de l’ensemble des pays arabes et non seulement celle de l’Egypte », explique Haridi, des posi­tions constantes sur le droit du peuple palestinien à l’établissement d’un Etat palestinien ainsi que le refus arabe de la reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le plateau syrien du Golan. « Des positions qu’a réaffirmées le prési­dent Sissi, sans fard, à son homologue améri­cain. Et là, c’est important de noter que les divergences sur certains dossiers régionaux ne risquent pas de nuire au partenariat stratégique entre les deux pays, basé sur les intérêts mutuels. Or, cela ne veut pas dire que Le Caire est en mesure de renforcer ses relations avec les Etats-Unis au détriment des engagements régionaux, mais plutôt elle investit ses relations pour trou­ver un terrain d’entente avec l’Administration américaine sur les dossiers régionaux controver­sés », explique Haridi.

De son côté, le politologue Tareq Fahmi rap­pelle la profondeur des relations entre les deux pays, mais aussi et surtout entre les deux prési­dents Sissi-Trump. « En dépit de l’ouverture de la diplomatie égyptienne sur d’autres pôles internationaux, les Etats-Unis restent l’une des forces internationales majeures avec laquelle l’Egypte tient à maintenir des relations équili­brées et stables. C’est la realpolitik qui domine toujours les relations égypto-américaines. Pour l’Administration américaine, l’Egypte demeure un pivot historique de la stratégie américaine en tant qu’un principal médiateur au processus de paix au Moyen-Orient, mais aussi vu son rôle incontournable dans la lutte antiterroriste. L’Egypte a aussi intérêt à renforcer ses relations avec les Etats-Unis aux niveaux politique, mili­taire et économique », indique Fahmi. C’est dans ce contexte qu’il juge positifs les résultats de la visite. Par ailleurs, Fahmi estime que la non-ingérence du président américain dans les affaires internes de l’Egypte témoigne d’un res­pect de la souveraineté de l’Egypte. « Les négo­ciations entre les deux présidents ont été donc marquées par un esprit positif et une volonté sincère de renforcer la coopération entre leurs deux pays. On attend désormais de l’Adminis­tration américaine de prendre des mesures concrètes pour concrétiser ses bonnes volon­tés affichées, et surtout pour parvenir à des consensus sur des questions régionales », conclut Fahmi.

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