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Un nouvel organe pour consolider les droits

May Al-Maghrabi, Mardi, 11 décembre 2018

Le gouvernement a annoncé la création d'une commission permanente pour les droits de l'homme, chargée d'élaborer les stratégies relatives à ce dossier. Un pas qui traduit une volonté politique de renforcer les droits et les libertés.

Un nouvel organe pour consolider les droits
La nouvelle commission sera chargée de définir une stratégie nationale pour les droits de l'homme.

Une « commission supé­rieure permanente des droits de l’homme » vient d’être créée. Elle est destinée à répondre aux alléga­tions formulées à l’encontre de l’Egypte sur ce sujet. La commission sera chargée de définir une stratégie nationale pour les droits de l’homme et des plans pour leur mise en oeuvre. Elle élaborera également une vision unifiée à promouvoir dans les forums internationaux et régionaux. Le nou­vel organe compilera le rapport de l’Egypte soumis au mécanisme d’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies et assurera le suivi de la mise en oeuvre des recommanda­tions acceptées par l’Egypte. La commission sera également chargée de suivre la mise en oeuvre des obli­gations internationales existantes de l’Egypte en matière de droits de l’homme. La présidence de cette commission, dont la composition n’a pas été révélée, a été confiée au ministère des Affaires étrangères. Abdel-Ghaffar Chokr, membre du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), indique que les prérogatives de la nouvelle commis­sion n’interfèrent pas avec celles du conseil. « Le CNDH est un orga­nisme indépendant aux niveaux juri­dique, administratif et financier. En revanche, la nouvelle commission créée dépendra directement du pou­voir exécutif, et ses décisions seront contraignantes. Le CNDH coopére­ra donc avec la nouvelle commission en lui présentant des rapports et des recommandations », explique Chokr.

Unifier les efforts

La création de cette commission est un pas salué dans la mesure où elle permettra de renforcer les droits et les libertés d’une part, et de défendre la droiture de la position de l’Egypte de l’autre. Pour la député Marianne Azer, l’importance de cette commission réside surtout dans le fait qu’elle permettra de développer et de mettre en évidence les efforts réalisés par l’Egypte dans le domaine des droits de l’homme aux niveaux des droits civils, poli­tiques, économiques, sociaux et culturels. « La création de cette commission met en relief la volonté de l’Egypte de renforcer les droits et les libertés », affirme Azer. Selon elle, l’Egypte a connu de nombreux développements constitutionnels et législatifs qui visent à promouvoir les droits individuels et les libertés, et ce, en coopération avec les méca­nismes des droits de l’homme des Nations-Unies. « Contrairement à ce que prétendent certaines organi­sations occidentales, Le Caire est déterminé à consacrer les droits et les libertés dans les divers domaines et l’Etat déploie d’importants efforts en vue d’améliorer la situation des droits de l’homme, les conditions de travail, le statut de la femme et des handicapés, et la lutte contre la cor­ruption. L’Egypte traite le dossier des droits de l’homme en vertu d’un concept global qui ne s’arrête pas à celui des libertés », indique la dépu­té. Celle-ci explique que la présence d’une commission gouvernementale regroupant toutes les institutions publiques travaillant sur ce dossier contribuera à avoir une vision uni­fiée en ce qui concerne les objectifs et les outils de mettre en place une stratégie globale pour les droits de l’homme. « Plusieurs ministères, comme ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères et d’autres ren­ferment des départements de droits de l’homme, mais chacun d’entre eux travaille séparément. Regrouper tous ces départements en une seule entité, que représente la nouvelle commission, contribuera à mieux définir les priorités de la stratégie des droits de l’homme en se dotant d’une base de données sur les dos­siers relatifs à ce sujet », ajoute Azer.

Sur un autre volet, le politologue Hassan Salama, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, trouve que cette commission sera surtout un outil efficace servant à répondre à toutes les accusations infondées, basées sur de fausses informations qui proviennent en grande partie de parties oeuvrant à déformer l’image de l’Etat. « Les questions relatives aux droits de l’homme sont souvent instrumenta­lisées par certaines ONG, comme HRW, pour s’ingérer dans les affaires internes de certains pays, dont l’Egypte. C’est dans ce contexte que la présence d’une telle commission aidera donc à répondre avec des arguments et des faits à ces genres de fausses prétentions, pour s’attaquer aux complots qui visent le pays », indique Salama. Il sou­ligne que c’est en communiquant les informations avec toute transpa­rence que l’Egypte ferme la porte à de telles accusations. « Notre point de vue est important pour montrer la vérité ignorée par certains pays, et c’est l’une des prérogatives de cette nouvelle instance. Nous n’avons rien à cacher ou à craindre. Bien au contraire, l’Egypte s’est engagée à promouvoir les libertés fondamentales et la société civile et à mener ces réformes législatives, politiques et économiques. La plus grande réalisation de l’Egypte ne réside pas dans le fait que le pays a renforcé ces droits, mais plutôt que toutes ces avancées ont été réali­sées, alors que le pays est en guerre ouverte contre le terrorisme et affronte maints défis », estime Salama. Et de conclure qu’en ce qui concerne les grandes lignes de la stratégie de l’Egypte en matière des droits de l’homme, il estime qu’il est évident de parvenir à un équi­libre entre le maintien des droits et des libertés individuelles, d’un côté, et l’accès à la sécurité et à la stabi­lité de l’autre.

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