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Maintenir le dialogue

May Al-Maghrabi, Mardi, 22 mai 2018

La 5e Conférence de la jeunesse s’est tenue cette semaine en présence du président Abdel-Fattah Al-Sissi. Bilan.

Maintenir le dialogue
Le président a évoqué maints dossiers d’actualité comme le barrage de la renaissance et la réforme économique.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a assisté, mercre­di 16 mai, à la 5e Conférence de la jeunesse, tenue au Caire. Un grand nombre de responsables, de représentants des forces politiques et de jeunes membres des partis y ont participé. La séance inaugurale a commencé par la projection d’un film docu­mentaire sur l’évolution de la vie politique en Egypte, depuis Mohamad Ali jusqu’à nos jours. Un autre documentaire a été diffusé sur l’intérêt accordé par l’Etat aux jeunes. Cet intérêt pour les jeunes est manifeste dans la déclaration de 2016 année de la jeunesse, mais aussi dans la construction de loge­ments subventionnés pour les jeunes d’un coût de 100 milliards de L.E. D’ailleurs, la conférence comprenait deux séances de discussion entre les jeunes et les responsables sur le plan du gouvernement durant les quatre prochaines années.

Interrogez le président

Dans son discours adressé aux jeunes, le président Sissi a jugé nécessaire de maintenir le dialogue « pour le bien du pays ». « Interrogez le président » est l’une des séances qui caractérisent les conférences de la jeunesse. Elle permet un dialogue direct et franc entre le président et les jeunes qui lui posent des questions d’ordre politique, social et économique. Cette fois-ci, les jeunes ont évoqué maints dossiers d’actualité dont la crise du barrage éthiopien de la Renaissance, l’impact des réformes économiques, la cause palesti­nienne, ainsi que les plans de réforme sociaux et politique. « Je ne cherche pas la popularité. Je ne veux pas laisser le pays en crise », a déclaré le président en réponse à une question sur la réforme écono­mique engagée en 2016 et les mesures difficiles auxquelles elle a donné lieu pour les citoyens. Le président a jugé cette réforme « indispensable » pour redresser l’économie du pays. « L’Onu et le Fonds Monétaire International (FMI) apprécient les réformes éco­nomiques effectuées par l’Egypte. En me rendant dans les pays afri­cains, j’ai constaté qu’ils avaient les mêmes défis que l’Egypte. Or, aucun de ces pays ne subventionne les services et les produits comme le fait l’Egypte », a déclaré le prési­dent. Il a en outre souligné que l’Etat accorde un grand intérêt à la formation des jeunes au commande­ment, et c’est pourquoi une acadé­mie pour la formation des jeunes a été créée. Concernant la cause palestinienne, le président a indiqué que l’Egypte « déploie tous les efforts possibles en faveur du peuple palestinien », en donnant l’exemple de l’ouverture du terminal de Rafah.

A l’occasion de la conférence, le président Sissi a gracié 332 jeunes prisonniers. Une décision qui s’ins­crit dans le cadre des efforts du pré­sident pour engager un rapproche­ment avec la jeunesse. « Je demande au ministre de l’Intérieur de per­mettre à ces jeunes d’être chez eux aujourd’hui pour le sohour (le repas pris avant l’aube durant le Ramadan) », a déclaré le chef de l’Etat, sourire aux lèvres. La liste inclut de jeunes opposants arrêtés dans le cadre de manifestations non autorisées.

Intégrer les jeunes à la politique

La tenue de ces réunions men­suelles entre les jeunes et le prési­dent avait été décidée lors de la 1re Conférence nationale des jeunes, tenue en octobre 2016 à Charm Al-Cheikh. Rétablir un dialogue au niveau institutionnel avec les jeunes pour les réintégrer à la vie politique était donc l’idée du pré­sident. Selon le député Achraf Rachad, membre de la commis­sion des jeunes au parlement, ouvrir des canaux de dialogue entre les jeunes et l’exécutif est une chose positive. « Ces réu­nions permettent aux jeunes d’ex­primer leurs points de vue sur tous les dossiers, de proposer et de discuter des solutions avec les responsables. La participation politique des jeunes à travers des canaux légitimes enrichit la vie politique », pense Rachad. Et d’ajouter que le gouvernement prend en considération et adopte les recommandations des jeunes. Et là, il donne l’exemple de la création d’une instance pour développer les petites et moyennes entreprises, de l’Organisme géné­ral de la zone économique du triangle d’or, ou encore la création de l’Académie nationale des jeunes. Selon lui, les conférences nationales de la jeunesse ont per­mis d’établir un dialogue constructif entre les institutions de l’Etat et la jeunesse. Ce secteur important représente environ 60 % de la population.

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