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Ahmad Kamel Al-Béheiri : Le terrorisme est lié aux développements dans la région

Ola Hamdi, Mardi, 02 janvier 2018

Ahmad Kamel Al-Béheiri, spécialiste des mouvements islamistes au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, donne ses prévisions pour 2018 en matière de lutte contre le terrorisme.

Ahmad Kamel Al-Béheiri
Ahmad Kamel Al-Béheiri, spécialiste des mouvements islamistes au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont vos attentes pour 2018 en ce qui concerne le terrorisme ?

Ahmad Kamel Al-Béheiri : Au début, j’aimerais expliquer que les attaques terroristes ne sont pas isolées de la situation dans la région. Elles sont liées aux changements dans les pays de la région qui peuvent donner lieu à une augmentation ou à un recul des opérations terroristes. Cette question est régie par plusieurs facteurs.

— Et quels sont ces facteurs d’après vous ?

— Le changement dans la forme des organisations terroristes est l’un de ces facteurs : affiliation ou séparation de certains groupes par rapport à d’autres, émergence de nouveaux groupuscules, etc.

De même, la situation sécuritaire en Libye, en Syrie, et au Yémen et l’avenir des crises dans la région joueront un rôle primordial dans ce dossier. Il y a aussi la décision de Trump sur Jérusalem. Tous ces facteurs influent sur l’activité terroriste, ce qui rend difficile toute prévision sur la recrudescence ou le recul des attaques.

— Mais certains s’attendent à une augmentation des opérations terroristes en 2018, vu le départ de Daech de Syrie et d’Iraq ?

— Oui, je suis d’accord avec vous, le rapatriement des militants de Daech va grossir les rangs des organisations terroristes. Mais il ne s’agit là que d’un seul élément. Et rien ne peut confirmer que le nombre des attaques va augmenter.

— Pensez-vous qu’avec l’arrivée des militants de Daech, les terroristes changent de cible ou que les attentats changent de forme ?

— Toutes les organisations terroristes sans exception ont continué à cibler l’armée et la police. Si l’étau se resserre autour des terroristes au Nord-Sinaï, ils pourraient cibler des civils ou des coptes dans le Delta.

— D’après vous, le plan de développement du Sinaï contribue-t-il à la lutte contre le terrorisme ?

— Bien sûr, le plan de développement du Sinaï sera un moyen utile pour la lutte contre le terrorisme, car la marginalisation, la pauvreté et le manque de services créent un environnement propice aux activités des groupes terroristes. On sait que les groupes terroristes exploitent les sentiments d’exclusion et de marginalisation.

— Quelle stratégie faut-il adopter pour neutraliser la menace terroriste, selon vous ?

— La stratégie à adopter pour réduire la menace terroriste en 2018 dépend de multiples facteurs : la sécurité, les situations politique, économique, sociale et religieuse. En fait, les institutions sécuritaires supportent toujours le fardeau de la confrontation et de la lutte contre le terrorisme. Cependant, afin de faire face au terrorisme, des efforts doivent être aussi déployés à tous les niveaux. Il faut plus de liberté, plus de justice sociale et il faut développer les zones marginalisées et pauvres pour fermer la porte à toute polarisation. En plus, il faut améliorer les performances de la sécurité et renforcer la coopération avec les services de renseignement. Cela paraît indispensable. Tous ces éléments conduiront au succès de la stratégie antiterroriste.

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